Fable "normale"

Publié le par Bernard LUSSET

 

Il était une fois un Prince en son château

Arrivé par hasard, peut-être un peu trop tôt.

Cet homme aimait les femmes et les aimait beaucoup,

Lesquelles, nombreuses, appréciaient ses bisous.

 

Cet homme les aima, d'abord successivement

Mais il voulut ensuite aimer en même temps.

On vit ainsi le Prince délaisser au chateau

Sa première concubine, ce qui n'est pas très beau.

 

En grand amateur, comme le Prince en veut plus

C'est donc une maitresse qu'il met dans son Airbus.

Enfin presque, puisqu'en fait, ce très grand séducteur

Visite sa maitresse... au guidon d'un scooter.

 

La journée terminée, le voilà chaque soir

Partant sur son deux roues, rejoindre son perchoir

Où l'attend sa danseuse, son aimée comédienne

Qui lui joue tous les soirs "La belle corrézienne".

 

La concubine l'apprit, et lui en fit reproche

Mais il n'en avait cure : c'était fini Valoche !

Malheureusement pour lui, rien n'est jamais secret

Et le bruit s'échappa en dehors du Palais.

 

Il y eut des marauds, sérieusement informés

Qui allèrent jusqu'à suivre le Prince enflammé.

Le peuple comme toujours, à la fin, sut l'affaire.

Difficile à ce stade de faire machine arrière...

 

Fallait-il essayer de garder le secret ?

Mais pour un Prince, c'est sûr, même s'il est discret.

Pas de secret qui tienne : tout se sait, tout se voit,

Surtout quand Prince et gardes se déplacent en convoi.

 

Cette maitresse-là, publiquement dévoilée,

fit de la concubine, une femme délaissée.

Laquelle ne pouvait, même la mort dans l'âme,

que reconnaitre la chose : son prince est polygame !

 

Que faut-il retenir de cette fable "normale" ?

Qu'un Prince même élu est avant tout un mâle,

Volant de femme en femme, sans jamais épouser,

Car le mariage, pour lui, n'est jamais imposé.

 

Faut-il donc pardonner au Prince noctambule

ou plutôt l'inviter à repartir à Tulle ?

La question, en effet, pourrait être posée

Pour que règne le calme Faubourg Saint Honoré.

 

Valérie, Ségolène, Anne et maintenant Julie :

Vous êtes pour le Prince le plus grand stimuli.

Mais gourmand de femmes, de gateaux ou volailles

Il n'en est pas moins Prince : on l'attend au travail...

 

Publié dans on en parle partout

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

kerfon le celte 25/01/2014 13:28

Jolie fable, vraiment....

kerfon le celte
un homme à fable

HerveLE 22/01/2014 17:36

Bravo!
magnifique!
j'aime particulièrement la rime entre "julie" et "stimuli", c'est cocasse..
bon, il y a qq imperfections sur le nombre de pieds parfois mais le style est très "cornélien"!

maryt 19/01/2014 21:59

Bravo!
Juste une question: n'aurait-il pas fallu écrire "les plus grands stimuli" dans la dernière strophe?

maryt 20/01/2014 22:07

Je vais tout de même vérifier. Ne le prenez pas mal, j'essaie de préserver ma langue parce qu'avec la pub, les SMS, etc., on ne sait plus trop bien où l'on en est
Sans rancune?

Bernard LUSSET 20/01/2014 21:46

Je crois que c'est vous qui avez raison. Je "débute" en alexandrins...

maryt 20/01/2014 21:44

Ne dit-on pas un stimulus, des stimuli? ou bien me trompe-je? C'est vrai qu'en poésie, bien des choses sont permises!

Bernard LUSSET 20/01/2014 07:38

Ca pouvait marcher aussi, en effet. Mais le singulier ne me semble pas incorrect non plus.

Bulens 11/01/2014 17:44

Bonjour Bernard
tu es un grand poète, tu as un dont pour les histoires peut être est ce le début d'une nouvelle carrières Lol.... Très bien trouver c'est le reflet......

Jean-Max 11/01/2014 14:24

A-t-on un président normal ?
Comme tous ses prédécesseurs, des plus récents à Henry IV, "l'activité privé" a été plutôt riche et dense pour nos rois, de droit divin ou de droit républicain. Sauf Charles de Gaule qui affichait une moralité d'officier ou Georges Pompidou qui vouait un amour immodéré à son épouse.
Mais si cette aventure est vraie, notre président a quelques légèretés avec la fonction. Traverser Paris en scooter pour aller rencontrer sa belle, comme un gamin de 15 ans, est juste anormal pour un président.
Un simple accident, et pourquoi pas grave, aurait mis la France au bord de la risée du monde. Et si le Président avait été enlevé. Et libéré quelques heures ou jours après, pour une simple aventure amoureuse, quelle conséquence ? Imaginons la scène, où le mari surgit au beau milieu de la nuit ... C'est du Feydeau.
La fonction doit être protégée, par le président lui-même. cela fait parti intégrante de la fonction.
Finalement, on a bien un "président ... anormal", qui maintenant vaut bien une belle fable, plutôt bien posé.
Félicitation Bernard.
Amitiés

Gounou André 11/01/2014 11:04

Mon Cher Bernard, Tu as l'art de l'écriture et ta belle maîtrise à broder des textes révèle admirablement bien mais avec simplicité la sonorité et la justesse des mots. L'actualité de notre Président est à chacun ce que le brouillard est à l'accident ; responsable de rien mais cause de tout cependant.
Encore Bravo pour cette splendide envolée poétique que j'ai relu plusieurs fois avec un gourmand plaisir.

nathalie 10/01/2014 21:41

j'adore ! je partage sur FB ! vous avez juste omis un point : ce prince quel qu'il soit, n'est autre qu'un prince normal...LOL

françois 10/01/2014 18:44

Bernard,
j’appréciais déjà chez toi l'art de ciseler avec une grande maîtrise les chiffres, les bilans... tu rajoutes à ton arc une flèche: celle de la poésie !

tout cela est fort bien tourné.
bravo et félicitations.
amicalement.
François

Bernard LUSSET 10/01/2014 18:49

:-)