Impostures

Publié le par Bernard LUSSET

 

"Oui, je prends des risques !" Voilà comment François Hollande aura annoncé et assumé son virage social-démocrate à l'occasion de sa récente conférence de presse.

Risques ? Quels risques ? Impostures plutôt.

L'imposture du mensonge

François Hollande a menti aux Français en 2012.

Souvenez-vous de ce fameux discours du Bourget dans lequel le candidat à la présidence s'en prenait à "la finance". Souvenez-vous de ces anaphores méprisantes du "Moi, Président de la République...". Souvenez-vous de ces discours enflammés  sur le monde de l'entreprise. Tous ces discours n'avaient qu'une vocation : mentir pour gagner.

Mentir aux Français les plus déshérités pour leur faire croire que "les riches" allaient payer pour "les pauvres". Mentir aux Français pour leur faire croire que le chômage n'était qu'une volonté délibérée d'un patronat forcément égoïste. Mentir aux Français en niant l'intensité de la crise qui n'était due, alors, qu'aux errements de son prédécesseur.

18 mois plus tard, c'est "retour aux réalités", avec un cynisme inégalé. Comme le disait, dans son langage fleuri ces jours-ci Daniel Cohn-Bendit sur Europe 1, "on enflamme le peuple pendant la campagne et on l'entube, après". Un peu familier comme style, mais pas faux.

Qui croit encore en François Hollande ?

Qui croit encore en François Hollande ?

Imposture du changement de pied

Comment croire que François Hollande pourrait sérieusement faire aujourd´hui le contraire de ce qu'il fait depuis 18 mois ? Et, accessoirement, avec quelle majorité ?

Soyons clair : les annonces faites par François Hollande me semblent aller enfin dans le bon sens et je m'en rejouis. Enfin, le gouvernement semble reconnaître que l'emploi n'est pas un gateau dont il suffirait de diminuer la taille des parts pour régaler plus de monde. L'emploi découle de l'activité des entreprises et c'est par ce bout-là qu'il faut prendre les choses. Sans relance de l'activité, pas de croissance et sans croissance, pas d'emploi ni aucune forme de solidarité. Si Hollande s'engage vraiment dans cette voie, je le soutiendrai.

Mais comment le croire ?

Lui le Président qui a asphixié fiscalement ménages et entreprises depuis son arrivée et qui maintenant nous promet des baisses d'mpôts ?

Lui le Président qui a supprimé la fusion départements/régions et qui annonce, désormais, l'allègement du mille-feuilles territorial ?

Lui le Président qui a supprimé la "TVA sociale" et qui, après l'avoir réaugmentée, annonce un allègement des charges sur l'emploi ? Financé comment ?

Lui le Président qui a relancé la machine aux recrutements dans la fonction publique pour répondre aux demandes catégorielles et qui nous explique benoitement qu'il faut, maintenant, faire mieux avec moins de personnels ?

Lui le Président qui charge comme jamais la mule des collectivités locales pour mieux, à compter de ce jour, leur demander de faire des économies ?

Imposture du "courage politique"

François Hollande, prendre des risques ? Mais il rigole !

Prendre des risques en politique, des vrais, c'est dire aux électeurs, AVANT, ce qu'on fera si on est élu et tenir APRES ses engagements. Ca, c'est le vrai courage politique.

C'est ce que, à notre modeste niveau, nous avons fait avec Jean Dionis en 2008 et tout au long du mandat qui s'achève. C'est ce que nous nous apprêtons, de nouveau, à faire ce printemps et d'ici 2020, si les Agenais nous renouvellent leur confiance. Ca, oui, c'est du courage politique et nous n'en manquerons pas en annonçant notre programme.

Mais entendre le champion de la contorsion politique, le roi de la synthèse molle, l'empereur des "chocs" en tous genres, le Seigneur des Comités Théodule (encore 4 de plus dans cette conférence de presse...) venir nous expliquer, sérieusement, qu'il prend des risques, c'en est trop...

Le temps des discours et des voeux est derrière nous : Monsieur le Président, vous avez depuis 18 mois tous les leviers du pouvoir entre les mains : gouvernement, assemblée nationale, sénat, la quasi-totalité des régions, la majorité des départements, la plupart des grandes villes, comme aucun de vos prédécesseurs n'en a disposé sous la Vème République.

Quittez la rue du "Cirque", retrouvez votre fonction, et faites quelque chose de ce pouvoir, quelque chose d'utile au pays.

Publié dans on en parle partout

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