Aquitaine-Midi Pyrénées : un mauvais coup se prépare

Publié le par Bernard LUSSET

En lançant la pétition citoyenne pour une fusion Aquitaine / Midi Pyrénées, je redoutais que le projet de redécoupage des régions ne soit finalement le fruit que de petits arbitrages entre amis ou d'un découpage technocratique. Les déclarations des principaux acteurs de ce projet ces dernières heures ne me rassurent pas : j'ai désormais la conviction, partagée par beaucoup, qu'il n'est question, dans cette affaire, que de chercher à préserver les petites baronnies locales.

A ce jeu, Alain Rousset, Président de l'Aquitaine et de l'Association des Régions de France, n'est pas le dernier. Il fait partie de ces visiteurs du soir qui viennent plaider leur cause auprès de l'Elysée pour que le projet ne vise, en fait, qu'à ajouter de "petites" régions au territoire des plus grandes.

Qu'il s'agisse de la méthode ou du fond, un mauvais coup se prépare pour Aquitaine et Midi-Pyrénées.

La méthode : la nuit des longs couteaux

Il devait être question de parler d'abord du "projet", de chercher les meilleures synergies, de faire du redécoupage des régions un grand projet partagé, de construire des acteurs territoriaux capables d'exister en Europe : tu parles ! Rien de tout ça n'existe.

Pire même : sous le manteau, en "off", bien des élus du Sud Ouest m'expliquent qu'en effet, la fusion Aquitaine / Midi Pyrénées est une évidence et une formidable opportunité. Mais ils n'osent pas le dire, de peur de fâcher les barons aquitain et midi-pyrénéen.

Le gouvernement présentera dans les prochains jours un projet de regroupement qui n'aura été débattu que dans le huis-clos des cabinets ministériels ou régionaux. Vous connaissez quelqu'un, vous, que le Conseil régional a interrogé sur ce projet ? Les acteurs économiques ? Les élus locaux ? Les chambres professionnelles et consulaires ? Rien de tout ça : cette réforme se transforme en nuit des longs couteaux entre régions.

On nous objectera sans doute que le Parlement va être saisi de l'affaire ? C'est exact : mais si les parlementaires sont aussi ouverts au débat que leurs homologues présidents de région...

Le fond : on va créer un "machin" régional

L'affaire est désormais quasi-entendue : Alain Rousset a obtenu du gouvernement que Poitou-Charentes tombe dans son escarcelle. Pourquoi faire ? On va sans doute nous parler encore de la cohérence de l'arc Atlantique, de la liaison nord-sud vers l'Espagne, etc...

Y-a-t-il un seul projet que cette Aquitaine poitevine mènera et que ne pouvait mener l'Aquitaine d'aujourd'hui ? Aucun. Quel est le destin commun entre Aquitaine et Poitou-Charentes ? Ni l'économie, ni la langue, ni l'histoire, ni la culture. Il suffit de lire les témoignages sur la page Facebook de notre pétition (voir la page Facebook) pour s'en convaincre.

Quant au président de Midi-Pyrénées Martin Malvy, du haut de son Aventin toulousain, il clame partout que sa région est "la plus grande de France" et que, par conséquent, il n'a besoin de rien. Quand tout n'est qu'égo territorial...

Faites passer le message...

En moins de deux semaines et sans moyens particuliers, la pétition a reccueilli plus de 1100 signatures. C'est déjà beaucoup et c'est pourtant trop peu : c'est pourquoi je vous invite à signer et partager cette pétition autour de vous.

 

Dernière minute : selon le JDD du 1er juin, c'est finalement... la région Limousin qui viendrait fusionner avec l'Aquitaine ! Cherchez la cohérence...

Publié dans on en parle partout

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alex 02/06/2014 05:57

Malheureusement cette histoire nous montre encore une fois, que le peuple et le sens commun sont trop souvent oubliés, les affaires sont gérées entre nos monarque républicain et les petits barons, à quoi cela à servi de faire une révolution, pour en être finalement au même point 200 ans après.
Cordialement

Frédéric 31/05/2014 11:27

Ne lachez rien ! Dans les Pyrénées Atlantiques de nombreux élus se sont positionnés comme vous, entre autre les députés Martine Lignières-Cassou, Nathalie Chabanne et David Habib, le maire de Pau François Bayrou, et le président du conseil général Georges Labazée.

Bernard LUSSET 31/05/2014 11:28

Bravo à eux ! Qu'ils le fassent savoir !

nicolas 31/05/2014 01:40

Agen doit forcer l'avenir et départager les volontés hégémoniques de bordeaux et toulouse , en devenant la capitale administrative de cette nouvelle region...

chatelet danièle 30/05/2014 19:29

Le souci est : Quelle sera la capitale de ce grand sud-ouest ??? Guerre entre Bordeaux et Toulouse. Je suis dans le 47 et ici ils veulent que ce soit Bordeaux moi.... je veux que ce soit Toulouse, normal pour une semi-montalbanaise...

chatelet danièle 30/05/2014 22:28

Dans l'absolu, ce serait l'idéal ! Chaque pôle possède ses propres spécificités mais déjà que les modifications envisagées sont de taille, imaginons le travail de titan qu'une multipolarité occasionnerait !!! A creuser. DC.

Bernard LUSSET 30/05/2014 19:33

Et pourquoi pas une région multipolaire ? Faut-il abandonner un beau projet pour une question de capitale ? Je ne le crois pas. BL