Et revoilà 2002 !

Publié le par Bernard LUSSET

Pas encore "officiellement" de retour, voilà Sarkozy qui jette ses premiers petits cailloux blancs : refonder une UMP en grandes difficultés, repeindre la façade, changer de nom et de règles et... refaire le coup de l'UMP version 2002 pour tenter de (re)fonder le grand parti de la droite et du centre !

Je ne me préoccupe pas de la manip' qui consisterait à supprimer la case "primaire" dont Sarkozy ne veut à aucun prix : que les militants de l'UMP règlent leurs questions statutaires. Mais pour ce qui est du "parti unique", ça pour le coup, ça concerne les militants centristes que nous sommes.

Un peu d'histoire...

Nous sommes en 2002. Sur commande élyséenne, Alain Juppé porte sur les fonds baptismaux l'UMP, présentée comme LE grand rassemblement de la droite et du Centre. Et ça marche ! En Lot-et-Garonne, le centriste historique qu'est Jean François-Poncet,  "passe" à l'UMP avec armes, bagages et quantité d'élus et militants centristes convaincus.

A la convention constitutive de Toulouse, Bayrou vient dire, sous les sifflets, que "si nous pensons tous la même chose, alors ça veut dire que nous ne pensons rien". Ambiance. L'ex-UDF, affaiblie par le départ de nombre de ses cadres et militants, jette ses derniers mots dans une bataille désormais perdue : l'UMP est née et a su amener à elle quantité de centristes historiques. Joli coup.

Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum…

Pourtant, demeurent quelques irréductibles centristes, convaincus (j'en étais) que cette idée de parti unique est incompatible avec notre culture, notre histoire, nos modes de scrutin et nos valeurs. La France n'est ni les Etats-Unis, ni l'Angleterre, ni l'Allemagne.

12 ans plus tard, l'UMP est surtout l'héritière du RPR, ce qui n'est pas offensant, mais qui explique le malaise de bien des centristes en son sein.

Mariage (à 2) suppose un double consentement

Sarkozy sait bien qu'il ne peut pas franchir le cap du 1er tour de la présidentielle sans rassembler au-delà de ses propres troupes. Encore faut-il créer les conditions de ce rassemblement ce qui suppose d'accepter que les centristes de l'UDI aspirent à être autre chose que de simples supplétifs électoraux.

Pas question donc, en ce qui me concerne, de jouer un mauvais remake de 2002. En aucune façon.

Et revoilà 2002 !

Le parti unique est une chose. La présidentielle en est une autre.

Mais cette conviction n'interdit pas le débat autour d'une candidature unique de la droite et du centre aux présidentielles.

Je le regrette mais le centre ne compte aujourd'hui dans ses rangs aucun candidat capable de jouer les premiers rôles dans cette élection. Hervé Morin a parfaitement raison de dire qu'il faut sortir de cette obsession présidentielle qui occulte le vrai sujet, celui du programme. Ca signifie donc qu'il y a un chemin pour une candidature unique dès le premier tour en 2017.

Ce chemin passe, évidemment, par l'organisation de primaires ouvertes. Il passe surtout par la construction d'un programme commun de gouvernement inspiré par un authentique esprit de rassemblement. L'UMP veut-elle ce rassemblement des idées plutôt que des chapelles ?

Certains s'y opposent et c'est leur droit. D'autres y sont favorables. A l'UMP de trancher cette question. Une fois que ce travail sera fait, et en faveur d'une alliance avec le centre, alors nous pourrons commencer à parler de candidature unique sur un programme commun.

Et pas avant.

 

Publié dans on en parle partout

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