Le fiasco territorial continue : merci Alain Rousset !

Publié le par Bernard LUSSET

C'est donc au Conseil des Ministres que va revenir la tâche de désigner les futures capitales régionales ! Pour une réforme territoriale, on fait mieux sur le plan de la décentralisation... Mais il est vrai que cette réforme est plantée depuis ses origines, avec Alain Rousset comme chef d'orchestre du fiasco annoncé.

Une région = un territoire aggloméré autour d'une métropole

Tel est le postulat de départ, le péché originel pourrait-on dire, de cette réforme. Va pour les métropoles régionales : ainsi naquit l'Objet Territorial Non Indentifié de l'Aqui-Poi-Sin qui va désormais unir les Deux-Sèvres aux Pyrénées Atlantiques, la Corrèze aux Landes, etc...

Lorsque -avec d'autres- j'ai plaidé ici et ailleurs pour que prime dans ce découpage régional un véritable projet territorial unissant Aquitaine et Midi-Pyrénées, que n'ai-je entendu comme sottises... Bien sûr, ma seule ambition était de faire d'Agen rien moins que la future capitale régionale !! J'en ris encore.

On m'a alors objecté le postulat de départ : une région pour Bordeaux et une autre pour Toulouse. Impossible de faire cohabiter ces deux métropoles au sein d'une même entité. Et d'ailleurs, ajoutait-on, la loi rend impossible mon idée de région multipolaire, dans laquelle Bordeaux, Toulouse et Pau se seraient partagé les grandes institutions régionales.

Impossible ? Illégal vraiment ? C'est pourtant ce que l'Etat s'apprête à faire en Normandie, confiant à Rouen l'accueil des services régionaux de l'Etat et à Caen les services de la collectivité territoriale. D'autres régions, manifestement, vont suivre sur cette voie. Ce n'est plus impossible, alors ?

Et, franchement, est-ce bien à l'Etat de choisir les futures capitales régionales ? Les élus régionaux sont-ils à ce point considérés par le pouvoir parisien comme incapables ? Où est le souffle décentralisateur de cette réforme ?

Petits arrangements entre amis PS

Pourquoi un tel fiasco ? Parce que, dès l'origine, cette réforme n'a été conçue que comme une tentative de sauvetage des baronnies locales du PS. Pas une vision d'ensemble, pas une colonne vertébrale : juste sauver ce qui peut l'être encore.

A la manoeuvre, le Président PS des Présidents de Région, Alain Rousset, qui, de son propre aveu, reconnaissait avoir été un des "visiteurs du soir" de l'Elysée qui ont pesé sur cette réforme. On savait François Hollande enclin à privilégier l'esprit de synthèse. Mais aller jusqu'à détricoter les territoires...

Voilà donc l'Aqui-Poi-Sin constituée fièrement autour de Bordeaux, qui n'en demandait pas tant. Voilà Montpellier en train de négocier, in extremis, que la dimension multipolaire puisse, enfn, être prise en compte, là comme ailleurs. Voilà Lyon, Strasbourg, Lille, Marseille écrasant de leur supériorité démographique le nouveau paysage régional français : belle réussite jacobine, comme seule Paris sait les réussir...

Il est vrai que les mêmes responsables socialistes n'ont pas hésité à faire désigner par les Français leurs nouveaux conseillers départementaux sans que leurs attributions n'aient encore été fixées par la loi. Ce gouvernement n'en est plus à un fiasco près.

Et Alain Rousset non plus.

Publié dans on en parle partout

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Laurent Nicolas 14/04/2015 11:40

Je réitère mon raisonnement sur le fait qu'Agen aurait pu postuler pour être la capitale administrative ( et non économique ) de la région résultant de la fusion entre Aquitaine et midi Pyrénées ; équilibrant ainsi l'influence des deux métropoles que sont Bordeaux et Toulouse ; aux Etats Unis , les "petites" villes ( à l'échelle américaine ) accueillent des universités prestigieuses , telle Princeton ! les américains ne font pas rimer nécessairement métropole et siège administratif ? Connaissez vous la capitale du Canada ? de l'Australie ? ....il y a des exemples à suivre !