A propos de la sécheresse

Publié le par Bernard LUSSET

Mon collègue Conseiller départemental Raymond Girardi vient, une nouvelle fois, d'alerter les pouvoirs publics sur la sécheresse qui sévit en Lot-et-Garonne et sur la nécessité d'y apporter, en réponse, un vaste plan de réserves en eau sous la forme, notamment, de lacs collinaires. On trouvera ci-dessous l'un des articles publiés à cette occasion par la presse locale :

Ce point presse sous forme d'alerte appelle chez moi trois remarques :

Sécheresse & canicules : notre avenir

Raymond Girardi a raison : non seulement, notre département -et son agriculture- manque cruellement d'eau en cet été 2015. Mais nous savons bien qu'au-delà de cette situation un peu paroxystique, nous serons demain confrontés de plus en plus souvent à de telles situations.

C'est d'ailleurs tellement vrai que l'Agglomération d'Agen a cru devoir intégrer cette donnée dans l'élaboration de son PLU intercomunal qui fixe les règles de constructibilité à Agen : grâce aux travaux effectués en lien avec l'ACMG, il a été convenu de la nécessité de préserver en site agricole irrigué tout un espace au sud de la Ville, pour réduire de quelques degrés l'impact des canicules futures.

Sécheresse et canicules seront donc demain, plus régulièrement encore qu'aujourd'hui, notre futur. C'est un constat qui vaut d'ailleurs particulièrement pour la moyenne Garonne, défavorisée sur ce point par rapport à  nos proches voisins.

Lac collinaires : il "suffit" de le décider

Je me souviens d'un temps où Jean François-Poncet, alors Président du département, lançait un vaste programme de retenues d'eau sous forme de lacs collinaires. Le Lot-et-Garonne y fut pionnier et longtemps leader.

J'appelle mon excellent collègue Girardi à mobiliser la majorité départementale à laquelle il appartient pleinement pour que s'y opèrent les choix indispensables dans ce domaine : une simple conférence de presse au creux de l'été ne saurait suffire.

Préserver la ressource en eau de la Garonne

N'oublions pas que notre département tire une bonne partie de sa ressource en eau de la Garonne. C'est vrai de l'agriculture. C'est vrai aussi de l'eau potable. Là aussi, il serait grand temps de prendre acte des constats faits sur l'évolution météorologique de notre région et d'en tirer les conséquences qui s'imposent. J'en vois au moins deux :

Le barrage de Charlas : ou, pour le dire autrement, la constitution sur le cours amont de la Garonne d'une vaste retenue d'eau. Ca fait des années (des décennies ?) que ce projet existe et qu'au fond, il ne se heurte qu'aux conservatismes de tous poils, au premier rang desquels quelques visions écologiques nostalgiques. Il est vrai qu'on parle (là aussi...) de "détruire" 600 hectares de terres fertiles...! Qu'attend-on pour relancer vraiment ce projet d'intérêt inter-régional ?

Le seuil de Beauregard : la doxa administrative sur l'eau est telle que l'Etat est prêt à investir 1,2 millions d'euros pour démolir ce qui reste de l'ancien barrage à hauteur d'Agen. Stupide : laissons faire Garonne ! Elle s'en charge -gratuitement- tous les jours un peu plus... Mais lorsqu'on plaide pour le maintien au moins d'un seuil à défaut d'un barrage, il se trouve toujours des esprits très brillants pour nous expliquer qu'une telle retenue, qui aurait tous les inconvénients du monde, n'aurait aucun avantage ni sur la nappe phréatique ni sur l'alimentation en eau des populations en aval...

On le voit : il est assez simple de montrer l'été les ravages du manque d'eau. Il est plus compliqué, l'automne venu, de transformer en actes les paroles estivales.

Allez Raymond !

A propos de la sécheresse

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