#165contre1

Publié le par Bernard LUSSET

Nous sommes à moins d'un mois du premier tour de la Primaire de la Droite et du Centre. Bien malin qui pourrait prédire l'issue de ce scrutin original même si, sondages après sondages, l'avance supposée d'Alain Juppé ne se dément pas. Ces enquêtes d'opinion doivent bien porter une part de vérité si j'en juge par "l'appel des 165" publié ce week-end qui non seulement traduit une forme de panique des soutiens de Nicolas Sarkozy et de N. Sarkozy lui-même mais affiche aussi un déni de réalité :

Gagner en politique, c'est rassembler

Si une formation politique pouvait, à elle seule, gagner une élection en France, ça se saurait : il n'y a pas de victoire électorale possible sans constituer un rassemblement de sensibilités proches mais différentes. Tout le monde sait ça, y compris les 165 signataires de cet appel : d'ailleurs aucun d'entre eux -aucun- n'aurait été élu en dehors d'un rassemblement de la famille des centristes et des conservateurs.

Il faut un singulier aveuglement pour ne pas voir cette réalité en face, et un certain culot pour dénier à Alain Juppé le droit de vouloir rassembler les Français, c'est-à-dire de faire avancer ensemble vers un objectif commun des électeurs qui ne pensent pas tous les mêmes choses. C'est la définition même des Primaires ouvertes de la Droite et du Centre. Si on ne voulait pas, il fallait organiser la Primaire des Républicains... et s'attendre à ne pas être présent au second tour de la Présidentielle.

La défaite de 2012 : la faute à Bayrou ?

A désigner Bayrou comme l'unique responsable de l'échec de 2012, Nicolas Sarkozy commet un curieux contre-sens, lui qui se veut par ailleurs l'apôtre de la responsabilité individuelle. Il est en outre curieux qu'il veuille exclure du rassemblement ceux-là même à qui il reconnait un tel pouvoir. J'évoque le sujet d'autant plus aisément qu'en 2012, j'ai voté Sarkozy (sans enthousiasme certes, mais j'ai voté Sarkozy) et je n'ai donc pas suivi la recommandation alors émise par Bayrou. Je n'ai sans soute pas été le seul...

L'échec de 2012 est donc, évidemment, d'abord celui du président sortant lui-même. Faute de l'avoir reconnu et d'en avoir alors tiré les enseignements, Nicolas Sarkozy se prend aujourd'hui en pleine figure le retour d'un électorat qui l'avait porté en 2007 et qui, déçu, l'a rejeté en 2012. Cet électorat qui aurait aimé que l'ancien Président prît sa part de responsabilité dans l'analyse de cet échec. Il est d'ailleurs surprenant de le voir, confronté à ce brutal retour aux réalités, tenter de ré-utiliser les mêmes recettes claniques et clivantes qui l'ont fait chuter en 2012. Comprenne qui pourra...

Il reste un peu moins d'un mois aux Français pour choisir le 20 novembre prochain le candidat qu'ils souhaitent désigner pour porter les valeurs de l'alternance en 2017. J'ai la conviction que la candidature d'Alain Juppé, qui mélange avec intelligence détermination à agir et capacité de rassemblement des Français, saura susciter cet élan sans lequel l'alternance ne porterait aucun des fruits que nous en espérons. C'est pourtant bien cela l'objectif essentiel de cette Primaire avant tout esprit de revanche mal placé.

#165contre1

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