De la primaire à la présidentielle : la construction d'une majorité

Publié le par Bernard LUSSET

Lendemain de Primaire. Après le franc succès de la Primaire de la droite et du centre et l'élection particulièrement nette de François Fillon, l'horizon de l'alternance s'est incontestablement éclairci. Cette première étape, qui aurait pu être celle de tous les dangers, a été une grande réussite qui porte François Fillon dans une dynamique positive jusqu'en mai prochain.

Elargir & rassembler. Pour franchir les 50 % au second tour en 2017 et que l'alternance devienne réalité, il faut que François Fillon rassemble sur sa candidature près de 18 millions d'électeurs, soit 6 fois plus que son très joli score de la Primaire. C'est dire l'ampleur du travail qui reste à mener. La dynamique Fillon doit donc s'enrichir de sensibilités complémentaires pour rassembler autour de lui les électeurs qui lui seront nécessaires pour réformer le pays : les soutiens des candidats battus mais aussi la galaxie centriste doivent se retrouver dans la candidature Fillon.

Condition de la victoire. L'élargissement du programme à des idées différentes n'est donc pas une option : c'est une condition même de la victoire. A défaut, nous prendrions le risque de ne pas être présents au second tour et de laisser les Français face à un choix PS / FN, dans un scénario moins improbable qu'on ne pourrait le penser aujourd'hui. Ceux qui imaginent qu'il suffit de remporter la Primaire pour gagner en 2017 se trompent.

On reste calme et on se parle. Il est donc légitime que s'expriment désormais ces sensibilités complémentaires ; il n'y a là ni chantage ni remise en cause de la primaire. Nous entrons seulement dans la seconde étape du chemin qui mène à la présidentielle. Cette phase est d'autant plus indispensable que si la personnalité de François Fillon a suscité l'adhésion d'une large partie de l'électorat de la Primaire, son programme est demeuré assez méconnu du plus grand nombre, jusqu'au bout.

Pas d'exclusive. Je vois certains de mes amis s'exaspérer des déclarations de François Bayrou : qu'ils me permettent de leur dire tranquillement ici que le rassemblement doit savoir dépasser les vieilles rancoeurs. Je le dis d'autant plus que la sortie prématurée de Nicolas Sarkozy de la Primaire éclaire, me semble-t-il, d'un jour nouveau son échec précédent de 2012. Construire une majorité pour l'alternance est un devoir supérieur à toutes les autres considérations.

La démarche de Bayrou. Comme adhérent du Modem, je me reconnais pleinement dans les craintes qu'exprime ces jours-ci François Bayrou au sujet du programme de François Fillon ; il a raison de souligner la difficulté à rassembler les Français autour de certaines réformes et la nécessité de les expliquer et de les compléter. C'est pourquoi je souhaite que les échanges, que vont avoir ces deux hommes qui s'apprécient et se respectent, permettront d'élargir la dynamique autour de la candidature Fillon.

Pas de candidature centriste. Pour être très clair, je veux me situer dans le débat qui agite depuis dimanche certains centristes : la candidature Fillon est la seule à mes yeux qui puisse remporter la présidentielle et réformer le pays : je ne participerai donc pas, en ce qui me concerne, à une éventuelle candidature centriste qui, si elle devait voir le jour, serait aussi hasardeuse que dangereuse. Il appartient à François Fillon de rendre possible ce rassemblement autour de lui : je ne doute pas qu'il y parviendra et je le souhaite autant pour le pays que pour la défense des valeurs du centre.

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