Majorité absolue ? Attention danger

Publié le par Bernard LUSSET

On nous dit qu'En Marche devrait disposer d'une majorité absolue de sièges aux prochaines législatives. Rien ne pourrait être pire que ça, car quand un parti dispose à lui seul de la majorité à l'Assemblée, il se croit tout permis : les exemples récents ne manquent pas.

Pire : entre les sortants qui arrêtent et les nouveaux qui arrivent, beaucoup des futurs députés seront novices. Le renouvellement a certes des bienfaits mais pas que : le travail législatif, sa technicité, ses pièges, l'emprise des consignes gouvernementales sur les nouveaux élus de la majorité : il faut du temps pour devenir un député efficace. Or, Macron nous prépare une Assemblée à ses ordres. C'est ça le renouvellement ?

Quant à la "république exemplaire" promise, on voit ce qu'il en est avec l'affaire Ferrand : les grands principes n'interdisent manifestement pas l'enrichissement personnel. Mais, là, pas d'auto-saisine des tribunaux, pas de mise en cause. La République est "en marche", n'est-ce pas ?

Enfin, si Macron a eu 66 % des voix au second tour (dont la mienne), c'est principalement parce qu'il était opposé au Front National, pas pour soutenir la hausse de 23% de la CSG, par exemple. Au premier tour, Macron n'a réuni que 24% des voix : c'est trop peu pour prétendre incarner à lui tout seul la diversité politique du pays et les attentes des Français.

Au 1er tour, Macron n'a réuni que 24% des voix : c'est trop peu pour prétendre incarner à lui tout seul la diversité politique du pays et les attentes des Français.

Illustration de cette diversité française : le Lot-et-Garonne, assez éloigné du phénomène Macron, urbain, métropolitain, très "CSP+", très "monde ouvert". Chez nous, 63 % de foyers non  imposables, 1 Lot-et-Garonnais sur 6 en-dessous du seuil de pauvreté, 1 sur 10 bénéficiaire du RSA (1 sur 5 à Agen), une économie locale où l'agriculture, même malmenée, reste majeure, un réseau de TPE-PME qui souffrent, des règlementations absurdes fabriquées à Paris et mises en oeuvre aveuglément : ça, c'est le lot-et-Garonne et ce monde-là, le nôtre, Macron ne le connait pas. Il ne l'imagine même pas.

Voilà pourquoi nous avons, nous Lot-et-Garonnais plus que d'autres, besoin d'une voix forte à Paris pour nous faire entendre. Pas pour s'opposer aveuglément à tout ni jouer des combats d'arrière-garde politiciens, mais pour que notre mode de vie, nos problèmes, notre culture et notre devenir soient considérés dans la politique qui arrive.

C'est bien plus important que d'ajouter un député de plus à un groupe qui n'en manquera pas. Le 11 juin, ne jouons pas les moutons de Panurge : votons Lot-et-Garonne.

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