11000 fiertés agenaises...

Publié le par Bernard LUSSET

Dimanche, 15h00 : il faisait un temps magnifique, une de ces journées de printemps comme on les aime tant, avec un ciel tout bleu et le thermomètre qui monte. Une de ces journées qui vous désespère de devoir repasser la tondeuse plus tôt que prévu...

 

Belle journée, donc. Et magnifique journée à Armandie. Le spectacle promettait d'être enlevé, avec des Narbonnais qui ne donnent jamais leur part au chien quand il s'agit de jouer un rugby engagé et ouvert : quel match !!

 

Et si le match a été plaisant à suivre, quel spectacle dans les tribunes !

 

Un stade plein comme aux plus belles heures. Un public -jamais conquis d'avance, ça se saurait...- qui s'enflamme au fur et à mesure des exploits des camarades du Captain Adri. Ce match était beau. Mais que ce public était beau, aussi. Que cette ivresse partagée, cette envie collective, cette clameur, en un mot, cette joie de vivre étaient belles à voir, belles à vivre !

 

On souhaite au SUA l'avenir auquel il semble promis. Et, n'en doutons pas, ce bel avenir -et les conséquences qu'il entrainera- ne manquera pas de relancer l'éternel et faux débat sur l'opposition supposée entre sports d'élite et sports de masse.  Dimanche, 11000 supporters - 11000...! -  ont voté avec leur coeur, leur voix, et leur enthousiasme. Ce spectacle-là dit la fierté d'une ville et de son pays : où et quand clame-t-on avec autant d'enthousiasme sa fierté d'être Agenais ? Nulle part.

 

Pourquoi pourrait-on saluer d'un côté le charme des arènes espagnoles pleines à craquer ou le plaisir partagé des fêtes de la Madeleine et, d'un autre, faire la fine bouche devant cette ferveur populaire ? Comme à chaque grand rendez-vous, Armandie résonne, encore renforcé dimanche par la présence de tous ces jeunes venus le matin des quarrtiers d'agen et des villes environnantes se tester sur les terrains autour, dans un grand tournoi amical où, déjà, quelques talents ont émergé.

 

 

Je me souviens avec émotion et tristesse de la demi-finale perdue contre Oyonnax, l'année dernière, cette demi-finale imperdable qui nous a maintenus une année de plus en pro D2. Je me souviens de l'incrédulité palpable qui s'est emparée de nous tous au coup de sifflet final et de ce silence impressionnant qui a suivi : la saison était finie ? Comme ça ?

 

J'ai repensé à ce silence sur Armandie en entendant les clameurs dimanche dernier : oui, il y a à Armandie quelque chose de profondément identitaire, c'est-à-dire qui suscite à la fois la fierté et la tristesse, l'enthousiasme et le rejet.

 

Comme ces gamins de Beaumont de Lomagne qui, quelques heures plus tôt, avaient porté avec fierté leurs couleurs dans le tournoi amical : leur victoire n'était pas seulement une victoire : ils avaient gagné "à Armandie" et nul doute qu'ils garderont longtemps dans un coin de leur coeur ce sentiment si fort qui les a envahi et qui faisait plaisir à voir.

 

Oui, dimanche, c'était une bien belle journée de printemps à Agen et le rugby y était pour beaucoup.

 

 

Publié dans on en parle à Agen

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