A propos de la dette d'Agen

Publié le par Bernard LUSSET

La majorité municipale présentait hier une information au Conseil sur l'état de la dette de la Ville d'Agen. De manière un peu paradoxale, cette information était rendue nécessaire non par des informations alarmantes sur notre situation, mais plutôt par la situation contra-cyclique que nous vivons à Agen : alors que, de partout, nous arrivent des informations anxiogènes (mais justes) sur la dégradation des dettes publiques, nous affirmons, nous à Agen, la relance de nos investissements et, donc, de notre endettement...

 

De quoi susciter de légitimes interrogations chez nos compatriotes.

 

D'où la présentation de quelques données qui permettent de faire un point précis de notre situation en matière de dette. J'extrais de cette présentation les quelques éléments ci-dessous, chaque chiffre étant, évidemment, une donnée officielle attestée par les comptes publics de la Ville d'Agen.

 

Le montant de notre dette : 451 € / Agenais

 

Le tableau ci-dessous (pardon aux internautes sur smartphone : le tableau "passe" mal sur mobile) détaille le "stock" de dette au 31/12/2010 de villes qui nous ressemblent. Avec 451 € par habitant, la dette municipale d'Agen est à moins de la moitié de la moyenne des villes françaises de notre taille : c'est dire si nous ne sommes pas sur-endettés !

 

Regardez les chiffres de Périgueux, Villeneuve, Mont de Marsan, etc..., qui ne sont pourtant pas des villes en difficulté. L'ensemble de nos travaux d'investissements prévus d'ici la fin du mandat nous amènera à rapprocher notre dette de la moyenne des villes qui nous ressemblent : pas de quoi susciter d'inquiétude.

Pas de quoi non plus alimenter la rumeur selon laquelle les travaux, par exemple, de piétonnisation du Boulevard de la République (3 millions d'€) précipiteraient Agen vers la ruine...!

 

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Emprunts "structurés" ?

 

Un certain nombre de villes ont défrayé la chronique à cause des emprunts dits "structurés" ou "toxiques" qu'elles ont souscrits et qui les placent en difficulté, avec une envolée de leurs taux d'intérêt. Une circulaire de juin 2010, dite "Charte Gissler" établit les règles de bonnes pratiques entre les banques et les collectivités locales : elle définit aussi une échelle de risque des emprunts de 1A (0 risque) à 6F (risque maximum).

 

Le graphique ci-dessous positionne la totalité de notre dette agenaise : 86,5 % de notre encours est au risque 1A et un seul emprunt, représentant 13,5 %, souscrit en 2006, est à l'échelle 1B, c'est-à-dire le premier degré de risque (en réalité, le taux le plus élevé que nous pourrions avoir à subir sur cet emprunt est situé à 4,05 %...).

    

gissler.png

 

Notre dette, faible en montant, est donc, de surcroît, particulièrement peu exposée aux aléas financiers. 

 

Ajoutons à cette présentation rapide que la Ville, de tous temps, a su répartir ses emprunts entre un grand nombre d'acteurs bancaires.

Ajoutons que, contrairement à d'autres collectivités, nous n'attendons pas la fin de l'année pour souscrire nos emprunts.

Ajoutons enfin que nous veillons à dégager chaque année une marge brute (différence entre nos dépenses et nos recettes de fonctionnement) d'environ 5 M€ qui nous permet d'envisager sans angoisse le remboursement futur des emprunts souscrits.

 

Une ile de sérénité au milieu d'un océan d'inquiétudes financères ?

 

Est-ce à dire que notre horizon serait totalement dégagé, au point de chercher à faire croire qu'Agen serait une ile de sérénité budgétaire au milieu d'un océan d'inquiétudes financières en Europe ? Certes pas !

 

Mais si notre situation est aujourd'hui aussi saine, c'est non seulement parce que nous veillons depuis 2008 à caler strictement nos investissements sur nos recettes (stabilité fiscale comprise), mais aussi parce que, depuis une dizaine d'années (ce qui inclut donc la précédente municipalité) la Ville d'Agen "gère" sa dette et se fait accompagner pour cela d'une société de conseil qui ne fait que ça : Finances Active. Aussi surprenant que cela puisse paraître, beaucoup de collectivités ne le font pas...

 

Grâce à cette anticipation, grâce à cette vigilance, grâce aussi (soyons transparents jusqu'au bout) au désendettement de l'époque Veyret (mais qui dit désendettement + 27 % d'impôts en plus en 2003, dit baisse importante des investissements, et ça s'est vu...), grâce à ce contexte particulier, Agen se trouve aujourd'hui en situation de pouvoir envisager un programme ambitieux mais maîtrisé d'investissements qui inclue, notamment, les travaux programmés dans le cadre d' "Agen, coeur battant", l'accueil du multiplexe cinéma, etc...

 

Au final, nous nous retrouverons fin 2013 avec un stock de dette qui se sera rapproché de la moyenne des villes de notre taille, permettant ainsi de préserver toutes les marges de manoeuvre pour l'équipe municipale suivante. Naturellement, si les aléas internationaux venaient à changer la donne, et personne ne peut aujourd'hui préjuger de notre avenir, nous ferions comme les autres collectivités : nous réduirions alors nos investissements, étant ici rappelé que nous avons fait le choix prioritaire, pour la durée de notre mandat, de la stabilité fiscale et de la préservation des capacités financières de la Ville au-delà de ce mandat.

 

Nous vivons donc une situation un peu atypique, contra-cyclique au regard des informations alarmantes sur l'accroissement des dettes publiques et nous ne sommes d'ailleurs pas la seule ville en France dans cette situation, loin de là. Le caractère paradoxal de cette situation peut légitimement susciter des interrogations : l'objet de cette communication au Conseil était justement de répondre à ce questionnement et de rassurer les Agenais, si besoin était, sur la situation de leur commune (et sur la salubrité d'esprit de leurs élus...!).

 

Un journal local, évoquant notre ordre du jour de lundi soir, annonçait joliment et avec humour la présentation des "comptes de Noël" de la Ville. C'est presque ça...

Publié dans on en parle partout

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