A vous de jouer, Messieurs-Dames...

Publié le par Bernard LUSSET

Ca a été dit sur tous les tons : l'élection présidentielle s'est transformée en référendum anti-Sarkozy.

 

On peut toujours regretter que le Président sortant n'ait pas su (ou pas voulu...) sortir de ce piège.

On peut, aussi, dire qu'il n'a pas fait grand chose pour l'éviter.

 

Mais, l'évidence, c'est que le résultat de dimanche dernier, plus étriqué que ne le laissaient penser les sondages, est bien plus un vote sanction qu'un vote d'adhésion. D'ailleurs, le discours de dimanche soir prononcé par Nicolas Sarkozy, d'une dignité exemplaire, a suffit pour qu'un grand nombre de paires d'yeux s'ouvrent enfin, quoique trop tardivement à mon goût. "Finalement, il n'était pas si mal". Ah bon ?!

 

Seulement voilà : comme dans l'histoire "pince-mi, pince-moi", nous sommes jeudi et "l'épouvantail" Sarkozy tombé à l'eau, qu'est-ce qui reste ? "Pince-moi, je rêve : Hollande est le nouveau Président"... Mauvais rêve ?

 

 

Les plus enthousiastes partisans de François Hollande découvrent, avec stupeur, qu'une élection ne suffit pas à transformer une réalité :

  • Les journaux sont pleins ce matin, d'annonces de plans sociaux qui, comme avant, s'amoncellent, sans parler des prévisions de la Banque de France, tombées ce matin, d'une croissance zéro au second trimestre.
  • François Hollande a beau multiplier, depuis son QG, les contacts diplomatiques en Europe, son exigence de renégociation du traité européen fait un flop monumental, puisque qu'il est tout seul à la demander.
  • La situation grecque s'envenime, au point que l'instabilité politique de ce pays fragilise grandement la zone euro, qui n'en avait guère besoin.
  • Barack Obama, lui-même en campagne, est engagé dans un chemin très américano-centré où notre nouveau président ne va guère peser lourd dans les échanges G8, G20, OTAN qui vont se succéder dans les prochaines semaines.
  • Sans parler des fourmis qui chatouillent les jambes des hiérarques socialistes et que François Hollande parvient encore à contenir, dans l'attente de la composition du Gouvernement. Mais il n'est pas exclu que ces petites bêtes se déchaînent après, à la hauteur des déceptions que les futures nominations ne manqueront pas de susciter chez ceux dont les talents n'auront pas été reconnus à leur juste mesure.

Bref, c'est à un atterrissage plutôt rude que notre nouvelle équipe dirigeante doit s'attendre.

 

Du coup, on comprend mieux le sourire, contrit mais soulagé, des Ministres venus tenir leur dernier Conseil hier dans la cour de l'Elysée : la défaite n'est jamais agréable certes, mais chacun d'eux doit songer in petto à toutes les critiques que leurs successeurs leur ont décoché ces derniers mois : à vous de jouer Messieurs-Dames...

 

 

Publié dans on en parle partout

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