Catharsis ?

Publié le par Bernard LUSSET

Ceux qui lisent ces chroniques savent l'aversion profonde que j'éprouve pour les emballements médiatiques qui, en quelques jours, détruisent la réputation d'un homme et "oublient", une fois la justice passée, de le réhabiliter (quand c'est le cas).

 

Par principe, j'ai d'abord rangé "l'affaire DSK" au rang des sujets sur lesquels je n'avais rien à dire.

Idem sur la démission de Georges Tron hier.

 

Les accusations d'agressions sexuelles sont-elles fondées dans un cas ? Le sont-elles dans l'autre cas ? Seule la justice pourra répondre à ces questions d'une extrême gravité. D'ici là, entre la présomption d'innocence des accusés et la présomption de sincérité des victimes, je ne peux masquer ma gêne devant ce terrible spectacle.

 

Laissons donc la justice décider, à son rythme, de la qualification criminelle ou non des faits qui sont reprochés et des éventuelles sanctions qu'ils méritent.

 

En attendant, et sans jouer les juges "à la petite semaine", ces deux affaires font naître chez moi la réflexion suivante : "sont-ils devenus fous ?"

 

DSK, d'abord :

 

A supposer qu'il n'ait pas commis le passage à l'acte insuportable dont on l'accuse, on peut dire sans exagérer que cet homme a manifestement passé une partie de son temps à courir de manière obsessionnelle après les femmes, au point que cette réputation faisait redouter à ses interlocutrices l'idée même d'un entretien à huis-clos avec lui...

 

Comment celles et ceux qui connaissaient ce penchant délirant pouvaient sérieusement imaginer porter cet homme à la tête de notre pays ? On me rétorque que Mitterrand, Chirac et Giscard ont été, parait-il, eux aussi, de grands coureurs de jupons ? On me cite aussi Berlusconi ? Et après ? Des exemples à suivre ?

 

Georges Tron, ensuite :

 

Là encore, laissons-lui le bénéfice du doute, en attendant que la justice tranche cette affaire.

 

Mais, au-delà du crime éventuel : vous imaginez ça, un Maire tellement obnubilé par la réflexologie plantaire que le voilà "massant" les employées de sa mairie ?!! Comment voulez-vous que tout ça finisse autrement ? On est en plein délire !

 

Loin de moi l'idée de vouloir jouer les "père-la-pudeur", mais quels exemples...!

 

Ces deux affaires auront-elles le mérite, au moins, de libérer la parole et de nous faire passer par une catharsis, sans doute douloureuse et déstabilisante, mais au final, libératrice ?

 

A ce point de mon désenchantement et de mon malaise devant ces deux affaires, je me demande si ce n'est pas, au fond, ce que j'appelle de mes voeux...

 

 

Publié dans on en parle partout

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