Ce sera Hollande-Sarkozy

Publié le par Bernard LUSSET

Comme les sondages le laissaient présager depuis des mois, les finalistes du second tour seront François Hollande et Nicolas Sarkozy. 

Ce premier tour aura-t-il été pour autant sans surprise ?  Non.

 

La participation des Français

 

Tous les sondages l'annonçaient : un quart des Français se désintéressaient de cette élection ? Raté !

Ce premier tour aura connu l'une des plus fortes participations puisque 80 % des Français se sont déplacés pour voter. Dans le bureau que je préside à Agen, j'ai même été frappé par l'importance du vote des plus jeunes, des nouvelles têtes qui, pour la première fois sans doute, franchissaient les portes du bureau. En soi, cette participation est une bonne nouvelle pour une élection qui demeure, les Français l'ont bien compris, l'élection suprême dans notre pays.

  

Le vote protestataire 

 

Entre Marine Le Pen et  Jean-Luc Mélanchon, la protestation aura rassemblé plus de voix que F. Hollande ou N. Sarkozy (près de 30 %). Jusqu'à la dernière minute, d'ailleurs, ces cris de colère ont fluctués entre M. Le Pen et J.-L. Mélenchon, pour se porter majoritairement, au final, vers la candidate du Front National. Ces aller-retours et le résultat global en disent long sur l'inquiétude, l'incompréhension et, au final, l'absence de confiance en l'avenir de celles et ceux qui ont exprimé ces deux votes-là. Parmi toutes ces incompréhensions, figure au premier plan, un rejet certain de l'Europe qui inquiète et navre l'européen convaincu que je suis.

 

Là est la clé, non seulement du second tour, mais aussi des mois à venir. Je redoute que la pêche aux voix de l'entre-deux-tours ne permette pas d'aller au fond des choses (je pense notamment au rôle de l'Europe)

 

Second tour :  du référendum anti-Sarkozy à l'étude comparée

 

A peine les résultats connus hier, les sondages (re)démarraient...! Ils pronostiquent, comme ils le font depuis des mois, la victoire assez nette de François Hollande. Même si je continue de ne pas croire à un tel écart, ces enquêtes d'opinion disent assez clairement que ce second tour s'annonce rude pour Nicolas Sarkozy.

 

Est-ce à dire que l'élection est "pliée" ? Je ne le crois pas. Parce qu'une nouvelle bataille commence avec ce second tour, une bataille très différente de celle du premier.

 

Une compétition dans laquelle, insensiblement, les Français vont passer du restrictif rérendum anti-Sarkozy au choix comparatif entre les deux candidats. Et là, le match sera, j'en ai la conviction, infiniment plus serré qu'on ne veut bien nous l'annoncer et on mesurera là, une nouvelle fois, que les candidats éliminés au premier tour ne sont pas "propriétaires" des voix qu'ils ont obtenues (les reports de voix risquent de réserver des surprises)

 

Hollande : forces et faiblesses

 

François Hollande surfe sur l'anti-Sarkozisme depuis le début : il va s'efforcer de continuer, même si cette vague va sans doute s'amenuiser.

François Hollande ne peut être élu le 6 mai qu'avec un report massif du Front de Gauche. Les belles déclarations de Mélenchon dimanche sur l'appel au ralliement "sans condition" est une histoire pour les enfants ! Je suis convaincu que, dans la coulisse, les tractations vont bon train, et sans doute depuis plusieurs jours : "à gauche toute !" va être le mot d'ordre plus ou moins avoué de Hollande. Ca promet...!

 

Sarkozy : forces et faiblesses

 

Paradoxalement, le fort taux de participation au premier tour est une "mauvaise" nouvelle pour le Président sortant : pas d'espérance majeure à attendre d'un éventuel sursaut de mobilisation. Et pourtant, pour scruter les listes électorales depuis longtemps, je sais bien qu'au-delà de l'analyse quantitative, les votants du second tour ne sont pas tous, loin s'en faut, les votants du premier.

 

Méfiance donc devant les arithmétiques trop mécaniques des sondeurs : je parierais volontiers qu'il y aura des électeurs nouveaux pour Sarkozy au second tour qui se manifesteront devant l'importance de l'enjeu...et la perspective d'un Président qui s'appellerait François Hollande et qui, une fois élu, serait contraint d'avouer publiquement que ses promesses ne pourront pas être tenues.

 

La campagne, plus que jamais

 

Le temps est désormais au choix : qui de F. Hollande ou de N. Sarkozy, chacun avec ses défauts et ses qualités, sera le mieux à même de présider la France dans les temps troublés qui arrivent ? Plus encore qu'au premier tour, j'ai la conviction que, face à ce choix, la candidature du Président sortant est la seule qui puisse garantir que la période à venir -qui sera troublée- permettra de préserver l'essentiel du modèle français auquel nous sommes si attachés.

 

C'est maintenant qu'il faut le dire, haut et fort, de peur de réaliser un peu tard, le 7 mai au matin, que nous avons collectivement fait une grosse bêtise. Il ne fut jamais désespérer du peule français, frondeur, râleur mais conscient des enjeux quand son arbitrage est sollicité : c'est le moment...

 

Publié dans on en parle partout

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