Chroniques d'Afrique (7)

Publié le par Bernard LUSSET

 

Afrique-Europe

 

Lampedusa.jpgLes drames à répétition qui se déroulent du côté de Malte et Lampedusa ont beau susciter l'effroi international, la mobilisation de la commission européenne et les appels du pape François, le nombre de naufragés africains continue de croître et rien ne laisse penser que ce cycle infernal va s'interrompre.

 

Nous sommes là exactement  à l'un des principaux points de rencontre de l'Afrique et de l'Europe, comme le montre la carte ci-contre. L'ile italienne de Lampedusa n'est distante des côtes tunisiennes que d'environ 150 km et "seulement" 250 km la séparent de la Libye. 200 km de plus vers l'Est et vous êtes à Malte. Encore 90 km, et vous êtes en Sicile : une broutille pour les candidats à l'émigration, abusés par les propos rassurants des passeurs.

 

Comme à Ceuta (l'enclave espagnole au nord du Maroc), aux Canaries ou du côté du Bosphore, Lampedusa et Malte sont des portes d'entrée, des zones de frottement entre Afrique et Europe. On pourra bien multiplier les patrouilles aériennes et maritimes, rien ni personne n'empêchera les réfugiés de tenter leur chance, au péril de leur vie et de celle de leurs enfants : notre Europe souffreteuse reste synonyme d'espoir pour les plus pauvres des Africains. Faut-il s'attaquer aux passeurs mafieux qui s'enrichissent sur ce trafic ? Bien sûr, mais l'état de délabrement institutionnel de la Tunisie et de la Libye, d'où partent les bateaux, est tel que leurs priorités sont ailleurs. 

 

Qu'on le veuille ou non, la seule réponse est donc liée au développement de l'Afrique, d'ailleurs en cours. Ce qui signifie donc que les drames humains dans les eaux maltaises et italiennes ne sont pas prêts de s'arrêter.

 

Internet & démocratie

 

S'il y a une chose que les régimes dictatoriaux n'aiment pas, c'est bien internet : entre le www et les réseaux sociaux, le contrôle de l'information y devient plus compliqué. Ainsi, la Gambie a adopté cet été une nouvelle loi condamnant toute diffusion erronée d'information sur le gouvernement gambien à... 15 ans de prison ! Une simple caricature ou une déclaration désobligeante à l'égard du gouvernement ou des agents publics suffisent à vous faire mettre à l'ombre. Bigre !  

 

Ghana : "pas de charité : des partenariats"

  

John-Dramani-Mahama.jpgA l'occasion de la dernière assemblée générale de l'ONU, John Dramani Mahama, Président de la République du Ghana, a lancé cet appel aux pays occidentaux : "l'Afrique n'a pas besoin de charité mais de projets qui l'accompagnent" dans les réformes profondes menées dans un grand nombre de pays. Sans passer sous silence les guerres, les attaques terroristes ni la misère endémique, le président de ce petit état démocratique chrétien du Commonwealth a plaidé contre l'assistanat et pour le partenariat. Un discours d'autant plus entendu à New York que le Ghana, s'il est discret sur la scène internationale, est aussi à plus d'un titre un exemple à suivre en Afrique.

 

Terrorisme : l'Afrique en cible

 

Intéressant article d'AGORAVOX (lire l 'article) qui dresse l'inventaire des quatre groupes terroristes les plus influents sur le continent : aux côtés d'AQMI présent au Sahel et des Shebabs désormais tristement célèbres depuis l'attaque du centre commercial de Nairobi (Kenya), l'Afrique est aussi la cible des attaques du groupe sectaire Boko Aram et des Mourabiounes.

 

Le point commun de ces groupes est le fanatisme et le pouvoir d'attraction qu'ils exercent désormais auprès d'occidentaux convertis, à l'image de cette célèbre "veuve blanche", Samantha Lewthwaite, britannique suspectée d'avoir participé à l'attaque du centre commercial de Nairobi et d'avoir préparé des projets d'attentats contre des hôtels de la cote Sud de Mombasa.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans on en parle en Afrique

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nkollo 12/10/2013 19:41

Les pays occidentaux doivent demander des comptes aux dirigeants africains sur le suivi des "aides éventuelles" apportées aux pays africains. Le développement économique de ces pays passe d'abord
par une rigueur dans la gestion de leur ressources.Ces morts sont une perte sèche en ressources humaines pour ces pays d'Afrique.