Conseils de quartiers : la révolution douce

Publié le par Bernard LUSSET

 

Je sais bien que, dans notre beau pays, on préfère parler des trains qui n'arrivent pas à l'heure ou de ceux qui déraillent. Je sais bien, aussi, que lorsque des élus disent leur fierté sur un projet qui fonctionne, on les suspecte immédiatement de présentation avantageuse quand ce n'est pas carrément de mensonge. Je vais donc, une fois de plus ici, ramer à contre-courant... Et je vais le faire au sujet d'une des actions sans doute les plus originales, les plus novatrices, les plus "casse-gueules" aussi que nous ayons initiées depuis 2008 : je veux parler des conseils de quartier.

 

Je rappelle les 3 fondements de cette affaire :

  • des conseillers de quartier élus au suffrage universel, avec pour chaque quartier un conseiller municipal référent
  • le même budget pour chacun des 23 quartiers (100 000 € / an / quartier)
  • la co-décision, c'est-à-dire l'obligation faite à la Mairie et aux conseils de quartier de se mettre d'accord, chaque année, sur le contenu de chacun des 23 contrats

Le reste, ce sont 115 visites de terrain et réunions publiques, plus de 3700 personnes ayant assisté à ces réunions, plus de 100 réunions d'arbitrage (co-décision), près de 500 évènements organisés dans les quartiers. C'est aussi, et il n'est pas inutile de le rappeler, un taux moyen de réalisation des actions de 95 %. C'est enfin une grosse et lourde machinerie qu'il a fallu concevoir puis faire fonctionner, rompant avec une tradition de fonctionnement municipal : tout sauf une affaire simple que Jean Dionis et Pierre Chollet ont mené avec constance.

 

QUARTIERS VILLAGES

Mais le résultat est limpide et notre dernier conseil de samedi (revoir la séance en vidéo) en a été une nouvelle illustration : ces contrats de quartier / conseils de quartier sont une initiative formidable, bien plus formidable et riche que je ne pouvais l'imaginer au départ.

 

Et au travers de ces 23 contrats de quartier signés samedi, il y a toute la diversité des quartiers eux-mêmes mais aussi de leurs conseillers de quartier : là, certains ont fait le choix de concentrer leurs crédits sur une ou deux actions lourdes et chères, parce que telle leur est apparue la priorité dans leur quartier. D'autres, au contraire, ont voulu réaliser des dizaines d'actions peu spectaculaires mais qui, au quotidien, améliorent grandement la vie des riverains. D'autres encore ont voulu animer leur quartier, créer des évènements dont l'exposition "Agen vu par ses peintres" déjà évoquée ici est sûrement l'illustration la plus éclatante.

 

Cette diversité est très exactement ce que nous recherchions : aucun de nos 23 quartiers ne ressemble aux 22 autres ; chacun a son histoire, sa géographie, sa sociologie. Tout naturellement, chacun exprime des attentes différentes. Sans cette proximité, jamais la Mairie, concentrée légitimement sur de grands projets, n'aurait eu cette finesse de détails. Là est l'extraordinaire richesse de cette aventure à laquelle il faudrait ajouter le trésor que constitue l'implication bénévole de ces 200 conseillers de quartier qui ont osé s'exposer d'abord, puis qui ont travaillé sans relâche pour transformer leurs idées en réalisations concrètes. Tout ça pour le seul bénéfice des habitants de leur quartier.

 

Est-ce à dire que la grâce de la perfection a touché les quartiers ? Non ! Tout cela a été compliqué, long et lourd au démarrage. Beaucoup de conseillers de quartier ont piaffé d'impatience devant nos délais de réaction municipale, en raison d'une règlementation que la plupart découvraient et qui, il faut bien le dire, rallonge les temps d'exécution, augmente les formalités et, au final, renchérit les coûts.

 

Mais à défaut d'être parfaite, notre action conjointe avec les conseils de quartiers a fait bouger bien des lignes, associé bien des habitants et rapproché la décision du terrain : c'était exactement notre objectif. Pour les choses à améliorer, Jean Dionis le rappelait samedi, nous allons continuer sur le même terrain : c'est avec les conseillers de quartier eux-mêmes que nous allons évaluer cette innovation démocratique, histoire de préparer une suite heureuse et efficace à cette belle aventure, née fin 2007 d'une idée simple qui avait germé dans l'équipe "Agen même" constituée autour de Jean Dionis et dont nous avons fait le premier de nos 103 engagements de mandat :

 

"engagement n° 1 : nous définirons une vingtaine de quartiers-village. Nous faciliterons la création d'associations de quartier légitimes. Avec elles, nous élaborerons chaque année un contrat de quartier définissant l'action municipale pour la durée du mandat"

 

 

Publié dans on en parle à Agen

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