Crise de confiance

Publié le par Bernard LUSSET

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On a beau ne pas gouverner l'oeil exclusivement rivé sur les sondages, la dernière étude en date publiée par le Nouvel Observateur suscite quelques questions.

 

Encore un peu et Hollande va trouver du pétrole...

 

Les courbes respectives du Président de la République et du premier Ministre sont à l'unisson du moral des Français : en chute libre. Au point que les sondeurs expliquent que jamais, depuis que les sondages existent, le chef de l'exécutif n'a été aussi bas, 18 mois seulement après son élection.

 

Certes, la chute de popularité dans les sondages s'atténue un peu : mais, à moins de 30 % d'opinions positives, il est des niveaux en-dessous desquels il devient difficile de baisser ! De la même manière que le chômage progresse moins vite qu'avant, mais progresse tout de même, Hollande chute dans les sondages moins vite qu'avant, mais continue de chuter. 

 

Crise majeure de la majorité

 

Que les électeurs de droite continuent de n'accorder aucune confiance à celui pour qui ils n'ont pas voté : on voit mal ce qui aurait pu les faire changer d'avis...  Mais ils ne sont plus que 56% des sympathisants de gauche à lui accorder leur confiance : de partout, le navire de la majorité présidentielle prend l'eau.

 

Le Front de gauche taille franchement et tous les jours des croupières à Hollande. Les Verts se refont une santé interne, avant leur congrès, sur le dos du gouvernement auquel ils participent pourtant. Quant au PS lui-même, avec Harlem Désir à sa tête et Jean-Marc Ayrault en "patron" de la majorité, il est balloté comme un fétu de paille : pas terrible pour soutenir un gouvernement et un Président à la peine.

 

L'impopularité pour rien

 

Rien ou presque dans l'impopularité actuelle de François Hollande n'est utile et c'est sans doute le pire constat de cette situation. Hollande s'écarte chaque jour un peu plus de ses folles promesses de campagne, sans assumer ce changement de cap, suscitant la colère des gens de gauche. Et par ailleurs, l'incroyable ponction fiscale qui frappe les Français de toutes conditions ne sert même pas des réformes ambitieuses. Regardez la "réforme" territoriale : le Lot-et-Garonne va se trouver avec 42 conseillers généraux au lieu de... 40 : tu parles d'une réforme ! On est loin de la fusion régions-départements qui avait été adoptée sous le précédent gouvernement, et abrogée dès l'arrivée du PS au pouvoir.

 

Réformette territoriale, réformette des retraites, pas de réforme de l'Etat, des réformes "sociétales" dogmatiques, un sentiment d'impunité croissant, l'art de la synthèse molle érigé en méthode de gouvernement : c'est parce que les Français comprennent que leurs efforts sont inutilement sollicités qu'ils râlent. Et ils ont raison.

 

Les bonnes conclusions

 

Qu'on ne s'étonne donc pas que, dans un tel climat, les Français se détournent de la politique : si le bocal parisien s'agite sottement autour des résultats de la cantonale partielle de Brignoles, c'est qu'il n'a rien compris. Le FN ne récolte guère plus de voix que lors des élections précédentes.

 

Mais c'est la participation des autres électeurs qui s'effondre (à peine un électeur sur trois...). Or, ce n'est pas en faisant la politique de l'urne vide qu'on règlera nos problèmes : aux citoyens de prendre en main leur destin, en choisissant les candidats et les équipes dignes de leur confiance. Il y en a plus qu'on ne veut bien le dire...

 

 

Publié dans on en parle partout

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