Election régionale : perdue d'avance ??

Publié le par Bernard LUSSET


On nous le dit sur tous les tons. Pas un journal qui ne l'annonce. Tous les sondages s'accordent à le dire : les élections régionales vont être une Bérézina pour les listes de la majorité présidentielle. Martine Aubry y va même de son pronostic d'un grand chelem dans lequel le PS remporterait la présidence des 22 régions françaises. Tout serait donc dit ? Avec 25 ans d'expérience (parfois douloureuse, parfois heureuse) de vie électorale en Lot-et-Garonne, je sais bien que la réalité est -et sera- sûrement différente.

Election intermédiaire = sanction de la majorité en place

Cette règle-là vaut pour toutes les majorités en place : presque à chaque fois, les élections locales qui s'intercalent avec l'élection présidentielle, la mère de toutes les autres, sont l'occasion pour l'opinion de marquer son mécontentement. Cet aspect sera sans doute renforcé, et c'est bien naturel, en raison de l'implication forte du Président de la République jusque dans la composition des listes. Le Lot-et-Garonne a montré, par l'absurde, que l'hyper-Président se mêlait de tout : il ne serait donc pas anormal que les électeurs qui sont mécontents lui envoient un signal fort.

Ne pas confondre gauche et gauches

Le fait que les intentions de vote à gauche soient majoritaires ne signifie pourtant pas que l'élection -à deux tours- soit bouclée. Avant que les électeurs de Besancenot votent pour les listes PS au 2nd tour, il va encore se passer un peu de temps...
Là où le dilemne va prendre un certaine résonance, c'est sur le rapprochement entre le PS et les Verts. En Aquitaine, on trouvera avec difficulté les points d'accord entre les deux équipes et les deux listes. Le TGV, parmi d'autres sujets, est pour cette "majorité" potentielle une pomme de discorde qui sera difficile à digérer entre le dimanche 14 mars 18h et le mardi 16 mars, midi, date à laquelle les listes de second tour devront avoir été déposées. Les discussions vont aller bon train... si j'ose dire !

Les clés du second tour : la participation

Comme toujours, une fois les arbitrages d'états-majors rendus en catimini dans la nuit, une fois les listes de second tour déposées, ce sont les électeurs qui vont faire la différence (par bonheur !). Et là, franchement rien n'est joué.
En Aquitaine, est-il raisonnable d'imaginer l'élection de Xavier Darcos à la tête de la région ? Ce serait un tsunami !
En revanche, ce serait une erreur d'imaginer qu'au second tour, les votes du 1er se reportent mathématiquement. La vérité, c'est que les électeurs ne sont pas les mêmes : un grand nombre d'électeurs de "petites listes" restent à la maison, un grand nombre d'abstentionnistes du 1er tour entrent en piste et c'est au second tour que les amertumes s'expriment le plus fort.




Alors, bien malin qui pourrait s'aventurer à annoncer aujourd'hui le résultat de l'élection en Aquitaine. En ce qui me concerne, mon choix a été vite fait : Darcos est un Aquitain de grande tenue, un homme honnête, passionné, solide. Sans doute pas un étalon électoral, mais un candidat pour qui j'ai un profond respect  et à qui je confierais très volontiers les clés de notre Région.
Alain Rousset n'a, certes, pas démérité mais, comme trop souvent, l'Aquitaine de l'intérieur (c'est-à-dire nous !) est passée entre les gouttes et n'a pas vu grand'chose de son bilan. A part nous avoir "piqué" le SIFEL pour l'organiser à Bordeaux...
Quant à Jean Lassalle, que j'aime bien au plan humain, je le vois partir au combat, non sans talent, non sans courage, mais dans une candidature kamikase qui doit tout à sa fidélité à F. Bayrou : quel dommage ! Et si j'aime l'homme, je ne voterai pas pour le candidat Lassalle.

Le 14 mars, je voterai donc avec plaisir pour la liste Darcos, particulièrement représentée à Agen par Laurence Maïoroff et Jean Dionis et j'espère bien que nous serons nombreux à le faire.

Bonne fin de campagne à tous.

Publié dans on en parle à Agen

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