Intercommunalité : le 47 change (progressivement) d'époque

Publié le par Bernard LUSSET

 

Mine de rien, les lambris de la Préfecture ont vécu vendredi dernier une petite révolution : dans le cadre de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale (CDCI), la communauté d'agglomération de Marmande a enfin vu le jour, et la Commune de Lafox a été autorisée à rejoindre la Communauté d'agglomération d'Agen.

 

Petite révolution ? Oui, et elle aura de grandes conséquences sur notre vie quotidienne et celle de nos enfants.

 

Lorsqu'au début des années 90, la loi a mis en place les formes modernes d'intercommunalités (communautés de communes ou d'agglo), le Conseil général et son Président d'alors, Jean François-Poncet, avaient perçu ces nouvelles venues comme une forme inutile de concurrence avec le département. D'où un "schéma" simple : chaque conseiller général devait constituer une communauté par canton et si possible, en prendre la présidence. 

 

20 ans plus tard, ce "schéma" montre toutes ses limites : le découpage cantonal date de plus de 200 ans !! C'est dire qu'il ignore tout de l'extension des zones urbaines, des nouveaux modes de consommation ou de déplacement. Les intercommunalités, récemment apparues, ont donc cherché progressivement à se détacher de ce découpage cantonal pour coller plus étroitement à la réalité de notre temps.

 

Dans cet esprit, la constitution de la communauté d'agglo de Marmande est une bonne chose, comme l'est le mouvement entamé autour de l'agglomération d'Agen.

 

Certains de mes amis politiques vivent ce mouvement comme un déchirement : je crois qu'ils ont tort.

 

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Regardez cette carte, désormais dépassée, de l'intercommunalité lot-et-garonnaise : qui ne voit qu'autour d'Agen, Marmande et Villeneuve, il est nécessaire d'organiser le paysage territorial aujourd'hui parcellisé, au moment où se profile une loi qui va renforcer encore l'intercommunalité ?

 

Il se trouve encore des esprits chagrin pour dénoncer le supposé "cannibalisme territorial" de ce mouvement en Agenais ? Je crois que le temps n'est plus à la constitution de petites baronnies locales mais à une union des forces des communes où le talent propre de chacune est mis au service de toutes les autres : c'est le principe même de l'intercommunalité moderne.

 

D'autres, avant nous l'ont compris : la CAA comptera donc prochainement 13 communes ; et les autres villes de la région ?

 

 

PERIGUEUX 13 communes
AUCH 15 communes
VILLENEUVE S/ LOT 16 communes
MONT DE MARSAN 18 communes
CAHORS 30 communes
MARMANDE 32 communes

 

On le voit : la dynamique communautaire agenaise, dont les dimensions restent très modestes, s'inscrit dans un mouvement général à côté duquel nous ne pouvons continuer de ne rien faire, après 7 ans sans aucune adhésion nouvelle.

 

Le mouvement initié vendredi en Préfecture me réjouit, parce qu'il laisse penser que sous l'impulsion de la loi et des élus communaux eux-mêmes, notre territoire est en train de se doter d'une organisation à la fois plus efficace dans le service rendu aux citoyens, et plus économe des deniers publics.

 

En quelque sorte, le Lot-et-Garonne change d'époque. Je crois qu'il faut s'en réjouir.

 

J'ajoute qu'en Agenais, se dessine un mouvement positif d'adhésions volontaires des communes au projet de la CAA : après St Hilaire de Lusignan, Sauvagnas et Bajamont, ce sont donc St Caprais de Lerm, St Pierre de Clairac et Lafox qui vont nous rejoindre : des communes parfois très petites, parfois très rurales, qui témoignent que l'identité agenaise n'est plus l'apanage de la seule ville-centre.

 

Cette histoire ne marque donc pas la fin de l'identité communale. Au moment où l'Etat se lance dans une opération salvatrice mais douloureuse de réduction de ses déficits, l'intercommunalité constitue pour les communes le meilleur moyen de mutualiser les moyens, sans réduire les services rendus aux habitants.

 

 Au fond, il n'y a plus guère qu'Alain Veyret et notre opposition municipale pour ne pas le comprendre, eux qui ont voté en Conseil municipal, contre l'adhésion de St Caprais, St Pierre et Lafox...!

 

On comprend du coup, pourquoi, sur ce plan là aussi, le bilan de la municipalité précédente fut aussi inexistant.

 

Publié dans on en parle à Agen

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