"Je n'ai jamais été que d'échec en échec"

Publié le par Bernard LUSSET


On prête au Général de Gaulle cette jolie formule : "je n'ai jamais été que d'échec en échec". Autre moyen de dire qu'au fond, on apprend souvent davantage de ses échecs que de ses victoires. En politique comme dans la vie de tous les jours.


Qu'avons-nous donc appris de cet échec de dimanche dernier que nous ne savions pas déjà (et que j'ai déjà abordé dans mes plus récentes chroniques de ce blog) ?

Sans doute que l'usure du pouvoir présidentiel est d'autant plus forte que l'élan initial de 2007 avait lui-même suscité d'espérance. Il règne dans l'opinion et parmi les élus de la majorité présidentielle une odeur de désillusion partagée.

Chacun y ajoute ensuite sa propre explication :
L'ouverture exaspère ? Certains, sans doute. En tout cas, elle trouble quand elle semble systématique.
Le calamiteux débat sur l'identité ? Maladroit, à n'en pas douter.
Le rythme des réformes ? Les Français rêvent toujours de réformes mais n'aiment pas être bousculés...

Plus sûrement que tout ça, la crise. La crise qui frappe presque tous les Français aura marqué ce vote : emplois fragilisés, pouvoirs d'achat en berne, incertitude de l'avenir pour soi-même et ses enfants, injustice de mesures symboliques comme le bouclier fiscal qui donne le sentiment, pas infondé, qu'on protège mieux certains contribuables que d'autres.

Et l'immense cohorte de celles et ceux qui travaillent, discrètement, et font face, seuls, à toutes leurs dépenses avec des difficultés croissantes. La cohorte des fameuses classes moyennes qui, massivement, ont exprimé leur raz-le-bol dimanche, sous des formes d'ailleurs diverses. Comment ne pas le comprendre ?

Oui, cet échec, comme toujours, porte son lot d'enseignements, pourvu qu'on se souvienne du message adressé par les électeurs dimanche. A Agen, nous allons essayer de ne pas oublier...


Le sourire retrouvé des gens de gauche faisait plaisir à voir dimanche soir. J'ai eu, moi aussi, le bonheur de vivre ces moments où la fatigue accumulée se perd dans le souffle chaud et délicieux de la victoire. Enivrant...

Je suis heureux pour eux et triste pour nous, même si la réélection de Laurence Maïoroff face à cette vague contraire, préserve avec bonheur la représentation agenaise à la région.

Dans ces dimanche soir de folie, enflammé par l'ardeur de sa victoire, on dit parfois des bêtises. Lucette Lousteau, nouvelle conseillère régionale PS n'y a pas échappé : Dionis battu à Agen, dans sa propre ville serait une signal annonciateur de bonnes nouvelles pour les municipales futures ?!! Comme si en 2008, Jean Dionis élu Maire, nous avions demandé à Alain Rousset et sa majorité socialiste de démissionner ?!!
Lucette Lousteau oublie qu'elle est, elle-même, la démonstration du contraire : la voilà relancée à la Région, après son échec personnel, pourtant sévère, des cantonales de 2008 face à Pierre Chollet.

Vous voyez bien : la roue tourne et devrait inciter à la raison... Mais au diable la raison : les soirées électorales sont aussi là pour ça. Elles ressemblent à ces après-midi où les résultats du bac sont affichés devant les portes du lycée. Les pleurs alternent avec les embrassades, les plus chanceux échafaudent de jolis projets.

Et le lendemain, chacun reprend sa route, comme disait Beaudelaire : "Après un échec, tout n'est pas fini. C'est un cycle qui commence en beauté". Alors...

Publié dans on en parle à Agen

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