L'atterrissage, c'est maintenant...

Publié le par Bernard LUSSET

Attermoiements, indécision, bisbilles, postures : comment s'étonner des sondages en berne qui sanctionnent -déjà- François Hollande, son gouvernement et sa majorité ? Manifestement, l'aveu ce week-end de la dureté de la crise par le Président de la République ne va rien arranger à ce calamiteux début de mandat. Ah tiens, il y a une crise grave ??

 

Car, de deux choses l'une :

  • Soit François Hollande et son gouvernement découvrent vraiment la réalité de l'ampleur de la crise : dans ce cas, nous avons du souci à nous faire ! Car si ces gens qui nous gouvernent ont sérieusement imaginé que leur seul arrivée suffirait à créer un "choc" psychologique, alors ils ont été d'une naïveté qui, à ce niveau-là, confine à la faute professionnelle lourde... Dans une telle hypothèse, cela signifierait que nous avons à la tête du pays non seulement des gens qui ont des orientations politiques contestables et contra-cycliques mais, plus encore, qui ne font, manifestement, pas la maille. Ce serait dur, dur... 
  • Soit François Hollande savait l'intensité de la tempête que nous avons traversée ces dernières années et qui continue de frapper toutes les économies de la planète. Dans cette hypothèse, c'est donc sciemment qu'il a menti aux Français, distribuant généreusement des promesses qu'il savait ne pas pouvoir tenir, contestant des choix politiques du moment dont il savait que, s'il était élu, il serait contraint de faire les mêmes.

Menteurs ou incompétents ? Voilà, en résumé, la question que les Français se posent aujourd'hui au sujet de ce Président et de ces députés qu'ils ont élus au printemps. Dans les deux cas, de toutes façons, les électeurs qui ont apporté leur soutien à F. Hollande et aux députés PS ont clairement aujourd'hui le sentiment d'avoir été trompés, floués, manipulés. Et ce sentiment est juste, parce qu'il y a eu, en effet, tromperie : la vérité, c'est qu'évidemment, François Hollande savait. cocus-de-hollande.jpg

 

Il savait les difficultés économiques.

Il savait que le chômage allait monter.

Il savait que les entreprises allaient souffrir et donc licencier.

Il savait aussi que, dans un tel contexte, bien peu de ses promesses pourraient être tenues.

il savait donc qu'il faisait naître un espoir qui serait forcément déçu.

 

Entre l'incompétence et le mensonge, c'est évidemment plutôt le mensonge qui peut être reproché à François Hollande et aux députés socialistes qui se sont engouffrés derrière lui, avec délice et facilité, dans les promesses démagogiques. Oui, mensonge, associé à une absence de clairvoyance, à un aveuglement idéologique de ce PS qui, décidemment, ne parviendra jamais à se tourner vers l'avenir, mais préfère rester engoncé dans ses vieilles lunes idéologiques des années Mitterrand. Je parlais ici même, il y a quelques jours, de l'aggiornamento indispensable qui nous attend : le PS ferait bien d'y réfléchir aussi...

 

En attendant, les Français en cette rentrée vont être furieusement tentés de jeter le bébé avec l'eau du bain et de croire, moins encore qu'hier, aux vertus de la politique. Et c'est pourtant par la politique, une politique honnête, audacieuse et courageuse, que nous pourrons nous en sortir.

 

Quand et avec qui ? Intéressante question...

 

 

 

Publié dans on en parle partout

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