LGV : poursuivre le débat

Publié le par Bernard LUSSET

J'ai "commis" il y a quelques semaines une chronique sur ce blog intitulée "Anti-LGV : bas les masques" qui a choqué les membres de la coordination anti-LGV, à en croire les quelques réactions reçues et que j'ai publiées, comme je le fais toujours.

 

Mon objectif n'était certes pas de choquer (j'ai rarement cet objectif) mais d'exprimer un point de vue qui, s'il est peu porté publiquement, me semble infiniment plus majoritaire dans l'opinion qu'on ne veut bien le dire : pour l'essentiel, à ce que je perçois, les Lot-et-Garonnais vivent la LGV comme un projet tellement lointain qu'ils ont du mal à se passionner à son sujet -à tort- et, au-delà du délai, plutôt comme une heureuse nouvelle pour notre territoire. Mais cette perception-là, personne ne la porte jamais et il ne me semblait pas inutile de faire entendre cette musique.

 

L'entretien que j'ai eu ce matin autour de Jean Dionis avec deux responsables de la coordination anti-LGV, en réaction à ma chronique, était intéressant sur plus d'un point :

 

1. Lusset, "sous-marin" de Dionis ?

 

Je ne cherche pas à masquer la loyauté absolue et délibérée que je porte à Jean Dionis. J'ajoute qu'à mes yeux, il entre dans le "job" d'un premier Adjoint d'être d'une totale solidarité avec son Maire. On a vu ailleurs ou avant des contre-exemples funestes. Je suis convaincu que l'esprit de solidarité qui anime l'équipe municipale de Jean Dionis est une heureuse caractéristique dont les Agenais n'ont qu'à se satisfaire.

 

Pourquoi cette solidarité ? Parce que Jean Dionis l'anime avec un corrolaire indispensable : la liberté. Ainsi, ce serait une grande erreur d'imaginer que les points de vue que j'exprime dans ce blog font l'objet de son approbation préalable (ou même postérieure, sur bien des sujets...) Il les découvre, comme tout le monde, après publication ; il ne m'a jamais rien demandé et je lui suis très reconnaissant de cette liberté qu'il laisse à ceux qui travaillent à ses côtés : les patrons qui font vivre une telle liberté dans leur équipe sont extrêmement rares, particulièrement en politique !

 

Et donc, en écrivant ma chronique sur la LGV, contrairement à ce que s'étaient imaginé mes interlocuteurs du jour, j'exprime mon point de vue, librement, et seulement ça.

 

J'ajoute que non seulement Jean Dionis n'a pas l'habitude de se cacher derrière les autres ni de s'épargner, mais s'il y a un sujet où il a assumé publiquement et courageusement ses prises de décision, c'est bien la LGV ! Regardez et écoutez les autres grands élus du Lot-et-Garonne : j'en vois 3 ou 4 parmi les principaux dont vous seriez incapables de dire quelle est exactement leur position sur la LGV : ça dépend de leurs interlocuteurs, c'est "courage fuyons !" JDS, au moins, et quoi qu'il lui en coûte parfois, assume ses positions et n'a besoin d'aucun porte-parole.

 

2. Anti-LGV : "que" des riverains ?

 

J'ai dit dans ma chronique que les associations n'étaient qu'un collectif de riverains concernés par le tracé, et que ça.

 

"Que ça" était un mot trop fort, je le reconnais volontiers et je souhaite m'en expliquer : à la base, je le redis ici, ce sont les riverains concernés qui "bougent" les premiers. Et c'est normal. Et c'est respectable.

 

Ont-ils, par leur action, fédéré autour d'eux des gens qui ne sont pas concernés par le tracé ? Certes oui. Il y a des habitants sincèrement convaincus que cette LGV est une dépense inutile dans des temps où l'argent public se fait rare. Il y a, aussi comme partout ailleurs, quelques opportunistes qui s'immiscent dans ce combat-là pour y défendre des stratégies personnelles ou partisanes assez éloignées de la LGV.

 

Mais les riverains, eux, continuent d'être les véritables moteurs de cette action, de ce combat . Ce n'est pas leur faire injure que de le dire : je trouve même, je l'ai écrit, leur combat infiniment respectable.

 

"Que ça" était-il donc de trop dans ma chronique ? Oui, je le reconnais volontiers.

 

3. Les interlocuteurs ont changé

 

Le printemps électoral en France a apporté son lot de changements. Désormais, le projet LGV est, tout entier, entre les mains du parti socialiste : Gouvernement, Rousset et Malvy à la tête des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, Camani à la tête du Lot-et-Garonne et L. Lousteau comme député d'Agen-Nérac : à eux de jouer !

 

C'est à eux que j'invite désormais les opposants au projet de LGV à s'adresser principalement sur le devenir même de cette LGV... C'est entre leurs mains que repose la décision, bien plus que dans les nôtres.

 

4. Le boulot des élus de terrain

 

Que doivent faire les élus agenais ? Leur travail ! Jusqu'à ce qu'une décision contraire soit éventuellement prise, notre travail consiste à préparer le territoire agenais à cette LGV qu'on nous annonce et dont les études se poursuivent.  Ne pas le faire serait une faute. Si d'aventure, les pouvoirs publics décidaient d'y renoncer, je le regretterais publiquement, mais on ferait avec...

 

Je partage donc avec la coordination au moins le point commun suivant : il est temps que des décisions soient prises et formellement annoncées (il parait que c'est pour mars 2013) parce que l'incertitude qui plane sur cette ligne est non seulement dommageable pour les collectivités concernées et leurs projets mais c'est aussi une terrible épée de Damoclès au-dessus de la tête des riverains.

 

 

Or, on peut soutenir à la fois le projet de LGV au nom de l'intérêt général d'un territoire et, en même temps, comprendre le désarroi et la colère des habitants directement touchés dans leur histoire personnelle et familiale et/ou dans leur patrimoine : telle est, exactement, ma position.

  

 

Publié dans on en parle à Agen

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