Passeligne : je m'étais (bien) trompé...

Publié le par Bernard LUSSET

 

Je me souviens des premières fois où Jean Dionis m'a parlé, dès le début de notre mandat, de son projet de création d'un parc à Passeligne : je suis bien obligé d'admettre que j'ai eu beaucoup de mal à partager son enthousiasme. Je ne voyais vraiment pas en quoi une "ville à la campagne" comme Agen pouvait avoir besoin d'un vaste parc naturel d'une quarantaine d'hectares à ses portes. Oui, je le reconnais volontiers : ce projet m'a semblé au départ sinon inutile, du moins secondaire. Je m'étais bien trompé...

 

J'avais pourtant été alerté, il y a quelques années maintenant, lorsque Jean-Louis Borloo, Ministre, était venu à Agen à l'invitation de Jean Dionis, député. Au moment où Jean Dionis présentait à Borloo ce qui n'était encore qu'un projet de parc urbain à Passeligne, j'ai vu Borloo rester songeur un long moment devant le site et les plans, avant qu'il ne confie à Jean Dionis : "Ce que tu vas faire là, Jean, est encore plus important que tout ce que tu fais par ailleurs pour cette ville. Et les gens finiront par s'en rendre compte"...

 

passeligne.JPGDimanche dernier, j'ai pu, une nouvelle fois, prendre la mesure du formidable succès populaire de ce parc où se cotoient les générations et les pratiques : les uns marchent, les autres courent, d'autres rament, d'autres encore font une partie de foot ou de basket... Un vrai parc urbain familial qui, en réalité, manquait à Agen et dont on commence à dire que le parking est trop petit !

 

Je tire de ce succès populaire (et de mon erreur initiale) trois commentaires :

 

1. Les élus doivent savoir être audacieux et avoir de la suite dans les idées

 

Au-delà même de mon manque d'enthousiasme initial, ce projet qui apparaissait dans nos engagements de 2008, a aussi donné lieu à quelques remarques désagréables du type "dépenses pharaoniques" que nous avons tous entendus. Heureusement que nous avons un Maire-Président de l'Agglo qui a de la suite dans les idées et qui sait, après réflexion, résister aux réactions immédiates. S'il avait suivi des gens comme moi ou comme ceux qui l'ont critiqué pour ce projet, jamais Passeligne n'aurait vu le jour... Donc, la concertation, c'est bien. Mais avoir des idées solidement bâties, ce n'est pas mal non plus !

 

2. Agen est une vraie ville, peuplée de citadins

 

Pour dire les choses autrement, nous avons perdu nos racines rurales. Nous préférons un parc naturel urbain -très bien aménagé, c'est incontestable- à une bonne vieille balade à la campagne avec ses chiens errants, ses chemins boueux, son absence de parking et de toilettes, pas de barques ni de bancs ni de terrains de jeux, etc...  C'est une véritable mutation qu'il nous faut constater et dont nous devons tirer tous les enseignements, pour aujourd'hui et pour demain : nous sommes devenus des citadins pleins et entiers.

 

3. La qualité de vie quotidienne est devenue une priorité

 

Sans doute qu'étant restés sur l'idée que nous n'étions qu'un gros bourg rural, nous avons longtemps collectivement considéré que les problématiques proprement urbaines (espaces verts, transports, isolement, pratiques culturelles, etc...) n'étaient que des questions secondaires. Ce temps-là est fini et nous avons à concevoir l'action publique locale autour de ce constat : comme la plupart des urbains, nous sommes culturellement déracinés, assez déshumanisés dans nos rapports sociaux, centrés sur une consommation immédiate de services dans laquelle la qualité de vie est devenue une question-clé. Il va falloir s'en souvenir. 

 

 

 

Publié dans on en parle à Agen

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André LABARTHE 01/11/2013 10:03

Comme disait Jean DIONIS naguère : "si les gens sont contre ce n'est pas parce que nous avons tort, mais c'est parce qu'on leur a mal expliqué."

Bernard LUSSET 04/11/2013 08:03



Les élus peuvent se planter sur un projet, ça arrive. Mais on sait aussi que l'opinion met du temps à se cristalliser. Il faut donc trouver le bon équilibre entre ce temps de maturation
collective et la nécessité de faire avancer les choses quitte, parfois, à souffrir une impopularité passagère. Et trouver cet équilibre sans être sourd aux remarques faites : de la difficulté de
la gestion publique...