Pour un maillage du territoire à partir des villes moyennes

Publié le par Bernard LUSSET


La visite à Agen hier de Michel Mercier, Ministre de l'Aménagement du Territoire et de l'Espace Rural, a été un heureux moment. La chaleur de ses retrouvailles avec Paul Chollet, aux côtés de qui il siégea à l'Assemblée Nationale y a contribué, comme l'amitié déjà ancienne nouée avec Jean Dionis. L'annonce par le Ministre d'une importante aide de l'Etat (850 000 €) pour la réalisation du Parc Urbain Fluvial de Garonne n'a rien gâté non plus...

Mais, au lendemain de cette visite ministérielle, c'est plutôt le discours prononcé par Michel Mercier Salle des Illustres que je veux retenir. Avec la spontanéité et la gentillesse qui le caractérisent, Michel Mercier a en effet répondu positivement à l'appel de Jean Dionis qui lui disait l'importance, dans le maillage du territoire rural, des villes moyennes. Et le Ministre a eu, de mon point de vue, trois discours forts :

* La reconnaissance du rôle des villes moyennes

Dans notre département où, durant des décennies, on a cherché à opposer espace rural et agglomérations, ce discours trace une nouvelle voie à l'aménagement de notre territoire. Enfin, on commence à dire que l'organisation de notre territoire autour des pôles urbains d'Agen, Villeneuve, Marmande et Nérac n'est pas une offense faite à l'espace rural, ni une vélléité d'écrasement de cet espace, mais bien une chance de développement et d'amélioration du cadre de vie de tous.

* La nécessité de ne pas nous prendre des métropoles

Avec sagesse, Michel Mercier nous rappelle que reconnaître le rôle des villes moyennes n'est pas une incitation à nous prendre pour des "minis" Bordeaux ou Toulouse : sachons à notre tour structurer notre territoire et nos services à la hauteur de nos ambitions légitimes et nous tourner vers nos métropoles régionales pour les services plus "pointus", plus spécialisés.

* L'exigence de permettre partout l'accès à des services du XXIème siècle

En parlant du Très Haut Débit partout, de l'accès sur tout le territoire au téléphone mobile, Michel Mercier a affirmé avec opportunité qu'il y avait là des exigences de ce siècle, légitimes en tout point de notre territoire, y compris le plus éloigné des espaces urbains. Il a même fondé son discours sur une mission de service public, rappelant que si ces services étaient laissés au seul marché privé, les territoires ruraux seraient systématiquement laissés de côté. Dont acte.


Au final, la venue de Michel Mercier avait de quoi réconcilier avec la politique ceux qui en désespèreraient : lorsque des élus de terrain de cette qualité accèdent à des responsabilités gouvernementales, il y a de quoi envisager l'avenir avec sérénité et même enthousiasme.

Formons le voeu ici que la volontaire discrétion médiatique de Michel Mercier ne soit pas un obstacle à la diffusion de son discours.
Le Ministre de l'Aménagement du Territoire mérité plus que d'être entendu : il mérité d'être écouté.
Avec attention.


Publié dans on en parle partout

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