Pré-pré campagne

Publié le par Bernard LUSSET

 

Nous sommes à moins de 6 mois des élections municipales. Tout naturellement, cette échéance se prépare, la curiosité des journalistes s'aiguise et les électeurs commencent à soulever une paupière. Qui sera candidat ? Qui arrive ? Qui repart ? A quelle place ? Pour quoi faire ? Quel programme ? Les questions commencent à fleurir et il me semble judicieux de poser un peu le cadre dans lequel, autour de Jean Dionis, nous préparons ces élections à Agen. Ne serait-ce que pour expliquer la discrétion que nous allons opposer à toutes ces questions dans les prochaines semaines...

 

D'abord, rassembler

 

On peut toujours se laisser aller au délice de la petite phrase assassine, des déclarations à l'emporte-pièce qui soulagent sur le moment. Mais faire de la politique, c'est d'abord rassembler les bonnes volontés. Jean Dionis s'est attelé à cette tâche depuis plusieurs mois et les premiers signes de ce rassemblement sont là, tangibles. Au moment où, en Lot-et-Garonne comme ailleurs, tant de familles politiques s'écharpent en public, tant de rivalités de personnes submergent le débat public, cette volonté de rassemblement est un signal fort.

 

Alors que la municipalité Dionis s'apprête à remettre les clés de la Ville entre les mains des patrons, les Agenais, une de nos plus grandes fiertés est d'avoir su conserver indemne notre équipe. Parce que c'est dur la vie publique, pour les équipes et pour les egos ! L'exposition publique, les arbitrages financiers, les querelles de frontières, la pression des électeurs, tout ça peut aisément faire voler en éclat une équipe : on l'a vu avec les 9 démissions de la municipalité Veyret. Nous, nous rentrons au port comme  nous en étions sortis : en équipe. Pas une bande de copains, même si des sentiments forts se sont tissés au sein du groupe. Non, mais une équipe, qui s'est forgée en 2008 autour d'un capitaine et d'un projet, et qui aura tenu bon jusqu'au bout, malgré les aléas de la vie publique. Commencer par rassembler en interne.

 

Ensuite, le projet

 

Parce qu'il est, finalement, le meilleur ciment d'une équipe, parce qu'il constitue à nos yeux le coeur même du contrat que nous voulons passer avec les Agenais, le projet est un moment essentiel de cette pré-campagne. Plutôt que de distribuer largement les promesses avant et s'apercevoir, après coup, qu'elles sont irréalisables, nous faisons le choix de réfléchir et d'arbitrer avant, quitte à déplaire. Mais, au moins, si les Agenais nous accordent leur confiance, ils sauront de quoi sera fait notre mandat. Celui qui s'achève l'a montré, engagement par engagement : nous faisons ce que nous disons et nous disons ce que nous faisons. C'est l'honneur de cette équipe et c'est, je crois, ce que les électeurs attendent de la politique, même s'ils doutent souvent.

 

Enfin, l'équipe

 

Qui fera partie de l'équipe ? La question est légitime tant l'élection municipale est, par excellence, celle de la proximité. Cette question trouvera évidemment sa réponse lorsque le moment sera venu, c'est-à-dire quand l'équipe élargie constituée par Jean Dionis aura accompli son travail de construction de son projet, sans doute vers la mi-janvier. D'ici là, les rumeurs, les "annonces", les bruits vont sans doute fleurir : les Gascons sont bavards de nature. Mais tant que la sélection officielle n'aura pas été proclamée, prudence.

 

Et les concurrents ?

 

Dans une compétition, il faut savoir observer les adversaires. Qu'en savons-nous aujourd'hui ?

 

extrême droite : le FN affiche son ambition de présenter partout des listes, y compris à Agen. On ne sait pas bien si Mme Collet parviendra à résister aux vents contraires qui soufflent, souvent de manière bien obscure, au sein de son parti : Mme Martin à Villeneuve en a fait les frais. Quoi qu'il en soit, le FN sera sûrement présent et, s'il l'est, il est vraisemblable qu'il franchira le seuil de maintien au premier tour (10 % des exprimés, le plus bas de notre code électoral). Donc, les municipales, à Agen comme dans beaucoup d'autres villes, seront marquées par une triangulaire au second tour. Il faudra alors que les électeurs jouent pleinement leur rôle de citoyens engagés. Or, les temps sont davantage à l'exaspération et au rejet des politiques, tous mis injustement dans le même sac. Danger.

 

les socialistes : un scrutin interne devrait départager en octobre les deux concurrents en lice. Lesquels ont déjà les poches pleines de nouveaux adhérents PS pas encore déclarés mais censés faire, en dernière minute, la différence dans cette primaire : ça promet ! Nous aurions tort pourtant d'imaginer que ces divisions fragilisent cette candidature : souvenons-nous des législatives de 2012. Et puis, même ballotée par un gouvernement hésitant, même désespérée par un Président inexistant, même tiraillée par les déchirements de ses principaux responsables nationaux, la gauche reste une force politique qu'on a toujours tort de sous-estimer.

 

les Verts : c'est silence radio, un peu comme au plan national, je présume : plus de projet, ni d'ambition, juste des revendications pour quelques places au soleil. Alliance avec le PS dès le premier tour ou avec le Front de gauche ? Audace d'une liste autonome ? L'avenir le dira sans doute assez vite. Même constat pour les radicaux de gauche qui ont littéralement disparu des écrans radars en tant que force politique : un comble pour une terre historiquement radicale, où quelques photos habilement prises ne suffisent pas à masquer la misère militante.

 

la gauche de la gauche : même là, rien n'est clair. Les communistes ont l'air de supporter de moins en moins Mélenchon qui, pourtant, fait exister médiatiquement le Front de gauche avec ses outrances. Prisonnière de son soutien, aussitôt regretté, à F. Hollande, on imagine mal cette gauche s'allier au premier tour au parti socialiste. Mais saura-t-elle exister par elle-même ? Là aussi, un peu de patience s'impose.

 

Bref, nous sommes entrés dans le "tunnel" pré-électoral pour n'en sortir sans doute qu'au début de l'année prochaine. D'ici là, le travail municipal continue à plein pour les élus que nous sommes.

 

 

Publié dans on en parle à Agen

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markusfeld 02/10/2013 08:18

Un mot me perturbe : "discrétion"

Bernard LUSSET 02/10/2013 08:49



Sauf erreur, ce mot "discrétion" ne figure qu'une fois dans ma chronique, en début, pour dire que dans les prochaines semaines, nous serons en phase de préparation de la campagne (projet puis
équipe) plutôt qu'en véritable campagne. Cette phase-là sera volontairement "discrète".


Puis viendra le temps de la campagne où, là, la discrétion n'est plus de mise puisqu'au contraire, les candidats iront au devant des électeurs pour leur présenter projet et équipe, susciter le
débat et obtenir leur adhésion.


Si le mot "discrétion" vous pertube toujours, merci de m'expliquer pourquoi.


Cordialement,


BL