Présidentielle : le match a commencé...

Publié le par Bernard LUSSET

C'est bizarre la politique : personne ne doutait sérieusement de la candidature de Nicolas Sarkozy mais, en même temps, il aura fallu cette annonce pour que le match démarre vraiment. Une semaine après son entrée en campagne, on voit que l'écart entre lui et F. Hollande se resserre au point que les intentions de vote en faveur de ces deux candidats se rejoignent déjà.

 

Que disent les sondages à ce jour ? Essentiellement trois choses :

 

1. l'élection va se jouer entre Nicolas Sarkozy et François Hollande

 

Depuis 5 mois consécutifs, Hollande et Sarkozy sont systématiquement placés en tête des études d'opinion. Cette constante est assez forte pour que, sauf coup de Trafalgar, le second tour se joue entre ces deux-là.

 

Le dépôt des 500 parrainages de Marine Le Pen suffira-t-il, le moment venu, à relancer sa campagne ? Difficile de l'imaginer tant la métamorphose du FN qu'elle tente d'opérer peine à convaincre. Manifestement, les "21 avril" à l'endroit ou à l'envers qu'on nous avait prédit s'éloignent.

 

Quant à François Bayrou, seul à être candidat pour la troisième fois consécutive, ses thématiques d'union nationale autour de sa personne ont fait long feu : au-delà de l'aspiration citoyenne à la paix civile et au rassemblement des forces, les Français aspirent à de la clarté dans les choix et les stratégies d'alliance. Après 2002 et 2007, 2012 ne sera pas l'année Bayrou.

 

2. dans ce duo, Hollande a la faveur des pronostics

 

François Hollande est comme une équipe de rugby qui mènerait de 2 points au score à la 78ème et qui jouerait dans ses 22. Le mot d'ordre unique est : "Pas de faute ! Pas de faute !". Les amateurs savent que ce type de stratégie, aléatoire, produit rarement du beau rugby... Mais, comme au rugby, seul le planchot décide du vanqueur !

 

Plus grave, François Hollande, s'il était élu, nous entrainerait dans une stratégie dont personne n'imagine sérieusement qu'elle pourrait être à la hauteur des enjeux qui nous attendent. Les promesses largement dispensées aujourd'hui se paieraient cash, demain, s'il devait être élu. Tout le monde le sait mais, manifestement, une partie importante des Français a encore envie d'y croire. Jusqu'à quand ?

 

3. Sarkozy doit montrer sa capacité de rassemblement

 

Les derniers sondages le redisent encore une fois : "trop à droite", telle est la perception, que je partage, des Français à l'égard de Nicolas Sarkozy. Où l'on reparle du Centre...

 

Dans l'équipe même du Président, des voix, de plus en plus fortes, appellent à cette capacité de rassemblement : Jean-Pierre Raffarin exhorte Sarkozy à réunir les "deux cultures" au sein de sa majorité. François Fillon tente de rassurer les électeurs centristes. Et tant d'autres...

 

Cette élection, comme toujours, ne se gagnera qu'au centre : la campagne va devoir montrer que ce message a été entendu.

 

 

Publié dans on en parle partout

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