Régionales : et si on se disait tout ?

Publié le par Bernard LUSSET


Les régionales s’annonçaient difficiles pour la majorité présidentielle ? On n’a pas été déçu… !
Le parti socialiste et ses alliés vont sans doute renouveler leur succès de 2004 et maintenir leur emprise sur la plupart des régions françaises.
Est-ce à dire que le second tour de dimanche est inutile ? Certainement pas !


Dimanche dernier : bien regarder les chiffres agenais


Regardez le nombre de voix obtenues dimanche dernier à Agen et comparez-les à ceux des dernières régionales de 2004 : les chiffres sont étonnants.

Tout le monde parle du renouveau du Front National : pourtant, le FN obtient cette année 937 voix contre 1840 en 2004. Renouveau ? En réalité, moitié moins de voix ! Seuls les 52 % d’abstentions donnent l’illusion d’un succès.

La gauche en 2004 rassemblait  4459 électeurs agenais et cette année tout juste 4141 : elle n’améliore même pas son score ! On est loin du raz-de-marée qu’on nous décrit.

La majorité présidentielle, elle, en revanche, « plonge » : là où Darcos + Bayrou réunissaient 3932 voix à Agen en 2004, le score cette année n’est que de 1997 (même avec les 533 voix de Jean Lassale, le compte -2530 voix- n’y est pas).
 

Ces chiffres agenais sont à peu près les mêmes sur le Lot-et-Garonne et la région Aquitaine. (Je ne serais pas surpris qu’il en soit de même au niveau national). En clair, et contrairement à ce qu’on entend depuis dimanche soir, ce 1er tour des régionales ne consacre ni la remontée du FN (dont le nombre de voix baisse) ni l’écrasante victoire de la gauche (qui ne consolide même pas son score de 2004).

Ce que disent les résultats de dimanche en revanche, c’est que l’électorat de droite et du centre a manifesté clairement son mécontentement et son désintérêt sur cette élection régionale.



Tirer les leçons du 1er tour : notre électorat mécontent


Evacuons d’emblée les arguments liés au scrutin lui-même :

Oui, l’échelon régional ne suscite pas l’enthousiasme des foules (mais ça a été vrai pour tous les candidats).
Oui, les scrutins intermédiaires à mi-mandat présidentiel sont rarement bons pour la majorité en place.
Oui, la crise favorise le mécontentement, le repli sur soi et le vote protestataire.


Autant d’éléments qui expliquent une partie de l’échec de la majorité présidentielle. Mais une partie seulement. Je crois qu’il faut ouvrir les yeux sur -au moins- deux autres éléments, qui apparaissent clairement dans les conversations que j’ai au quotidien avec les Agenais dans la rue :

1. L ’hyper-présidence a manifestement atteint ses limites

Nul ne conteste, je crois, l’énergie de Nicolas Sarkozy. Mais sa manière de sauter sur tout ce qui bouge, de vouloir tout contrôler, de jouer systématiquement l’ouverture exaspèrent désormais plus que cela ne séduit son électorat.

Et cela d’autant plus qu’en temps de crise, les résultats de la France, même s’ils sont plutôt moins mauvais que les autres pays européens, ne sont pas glorieux, notamment sur le front du chômage et du pouvoir d’achat.

Désillusion ? Oui, et la cote d’amour de Fillon ne dit rien d’autre : nous avons envie d’un Gouvernement au travail, peut-être moins médiatique, mais qui se concentre sur la tâche que nous lui avons confiée.


2. Un !odèle de contre-campagne

En choisissant depuis Paris les candidats, l’UMP et l’Elysée ont crû malin de choisir des « poids lourds » gouvernementaux. Or, les Français ont compris que ces ministres ne montaient au front électoral que pour rester au Gouvernement : pas terrible comme posture de campagne !

Dans un scrutin qui s’annonçait difficile et où nous n’avions rien à perdre, puisque le PS présidait presque toutes les régions, il aurait fallu être audacieux dans le choix des candidats et leur laisser mener librement une campagne locale qui leur ressemble. Les voix qui se sont élevées pour dire ça ces derniers mois n’ont eu droit qu’à un silence méprisant. Cette campagne se paie « cash » dans le résultat des urnes de dimanche : n’en soyons pas étonnés.


Ces enseignements-là, nous ne les avons guère entendus dimanche soir dans la bouche des responsables politiques nationaux de la majorité. (J’ai été exaspéré quant à moi de les entendre tous débiter mécaniquement le même discours tout prêt que l’Elysée avait préparé pour eux dans le sauve-qui-peut général !)


Franchement, si nous ne savons pas, dans les élections à venir, entendre le message que nos électeurs nous ont envoyé dimanche dernier, et bien nous avons du souci à nous faire…


Et dimanche prochain ?


Je pense ici essentiellement à ceux de nos amis qui sont allés à la pêche dimanche dernier (ou à Mont de Marsan…, pour un résultat à peine plus brillant !). Je crois pouvoir leur dire que le message de dimanche dernier a été entendu.

Je souhaite d'ailleurs que ma formation politique, le Nouveau Centre, porte ce message haut et fort dans les mois qui viennent. Parce que ce premier tour marque aussi, d’une certaine manière, les limites du parti quasi-unique, ultra-dominant voulu par Nicolas Sarkozy, en tout cas pour les élections locales. Si l'UMP a permis un rassemblement fort à l'élection présidentielle, je crois vraiment que le temps est venu pour le Centre, au sein de cette majorité présidentielle, de se faire entendre plus qu’il ne l’a fait, pour y porter les valeurs spécifiques qui sont les nôtres et que l'action gouvernementale ne prend pas assez en compte.
 

Mais ça, c'est pour les mois qui viennent. D'ici là, il y a dimanche, ce second tour où il est encore temps de sauver ce qui peut l’être. Et je crois qu'il nous reste deux choses à sauver :


Je pense d’abord à la Ville d’Agen, à son avenir, ses projets, ses infrastructures.

Nous avons besoin que Laurence Maïoroff soit réélue et qu’elle puisse continuer à porter nos couleurs agenaises à la Région, dont on a eu du mal à dire durant cette campagne toute l'importance.

Si Laurence Maïoroff devait se retrouver au sein d’une opposition groupusculaire, laminée par une nouvelle vague d’abstention de nos amis, je ne donne pas cher de nos projets agenais, face à un Alain Rousset dont l’arrogance se trouverait confortée si le 2nd tour ressemblait au 1er.

Je pense ensuite au renouvellement de nos élus,

et singulièrement à Laurence Valay, n° 4 sur la liste Darcos en Lot-et-Garonne, qui porte avec courage et talent les couleurs de l’opposition municipale à Marmande face à Gérard Gouzes (ce qui n’est pas une mince affaire).
Laurence Valay élue à la région, ce serait une formidable occasion de préparer l’avenir à Marmande et de mettre en selle des candidats ancrés sur le terrain.



Pour nos « deux Laurence », pour le renouvellement de nos élus, pour l’avenir des projets agenais, je pense que le temps de la mauvaise humeur est derrière nous et qu’arrive celui de la responsabilité et de la citoyenneté : à chacun de vous de décider, en conscience, si dimanche prochain, le scrutin régional a, ou non, de l’importance à vos yeux.


Publié dans on en parle partout

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