Sandy : derrière le drame, leçons et espoirs ?

Publié le par Bernard LUSSET

L'ouragan qui a dévasté Haïti puis la côte Est des Etats-Unis est, évidemment, un évènement climatique de première ampleur, avec la part de drames qu'il comporte toujours. C'est aussi un évènement politique dont les conséquences iront au-delà de ce qu'on pouvait penser au départ.

 

Sandy "vote" Obama

 

Sandy influera certainement le vote des Américains dans quelques jours, tant le Président sortant a manifesté, à cet instant de l'histoire américaine, un sens évident -et bien mis en scène- obama-sandy.jpgde l'intérêt général. Les Américains ont particulièrement apprécié qu'à cette occasion le "chef" soit à la hauteur : c'est ainsi qu'il faut lire l'hommage appuyé du gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, à Barack Obama, même si cet hommage n'est pas dénué d'arrières-pensées domestiques en prévision de l'élection, en 2014, du gouverneur de cet Etat...

C'est aussi le sens du soutien également apporté au Président sortant par Michael Bloomberg, le Maire indépendant de New York, dont la ville a été largement victime de ce phénomène météo. 

Enfin, Sandy a tellement montré les limites des propos ultra-libéraux de Mitt Romney sur la FEMA (l'agence nationale des situations d'urgence dont il voulait dégraisser le budget) qu'il a dû, in fine, faire machine arrière et reconnaître qu'il s'était trompé.

 

Bref, comme l'ont souligné de nombreux médias, il est probable que Sandy "vote" Obama, dans un scrutin qui s'annonce serré pour le Président sortant.

 

Sandy, fille du dérèglement climatique

 

Cet ouragan, qui succède à Irène l'année dernière, est, évidemment, une des conséquences du dérèglement climatique mondial, comme l'a d'ailleurs, très justement, souligné cette semaine Jean-Louis Borloo. sandy-apres.jpg

 

Mais cette fois-ci, le cynisme international qui nous fait voir Haïti, par exemple, comme une terre vouée à toutes les catastrophes, a été battu en brèche. Songez un peu : Wall Street contraint à fermer durant 24 heures ! Manhattan sous les eaux ! Le métro de New-York englouti ! Panne géante d'électricité dans la ville qui ne dort jamais !

 

Fini le cynisme : le symbole même des économies émettrices de gaz à effet de serre se trouve touché au coeur. Cet évènement dramatique va-t-il amener les Américains à mesurer (enfin) leur part de responsabilité devant le fléau du dérèglement climatique ?

 

Souhaitons-le, en rappelant ici qu'il ne s'agit pas seulement pour eux d'adapter leur économie aux nouvelles contraintes et réduire leurs émissions. Les Etats-Unis doivent aussi mettre tout leur poids dans la balance pour obtenir que la communauté internationale passe des discours lyriques des sommets internationaux à des actions concrètes et contraignantes.

 

Sans les USA, il n'y a aucune chance d'y parvenir.

Avec eux, il n'est pas complètement illusoire d'espérer.

 

 

Publié dans on en parle partout

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