Sarkozy re-présidentialisé

Publié le par Bernard LUSSET

Je plaide dans ces chroniques avec suffisament de constance (et ce n'est pas fini...) en faveur d'une candidature centriste à l'élection présidentielle pour pouvoir me permettre de le dire sans ambages : j'ai trouvé Nicolas Sarkozy très bon hier soir, à la télévision, à plus d'un titre.

 

Le choix des acteurs d'abord

 

Yves Calvi et Jean-Pierre Pernaud sont tous les deux, et pour des raisons diamétralement opposées, sans doute parmi les journalistes les plus populaires au sens premier du terme : ceux qu'on écoute, ceux qu'on comprend, ceux qui posent les questions que tout un chacun se pose, sans complaisance particulière (surtout Y. Calvi).

Face à eux, le Président de la République a usé d'un vocabulaire simple et familier malgré la complexité des sujets évoqués, dans un calme olympien qui veut être la marque de fabrique du "new Sarkozy". Du grand art, salué par une affluence record (12 millions de téléspectateurs, presque autant que la finale de la RWC 2012).

 

Un "nouveau" Président ?

 

Nicolas Sarkozy a-t-il un peu exagéré hier soir ses mérites ? (mais si lui ne le fait pas, qui le fera ?). Il reste que nul ne peut contester que dans ces périodes de crise, son engagement personnel, sa détermination, sa capacité de persuasion pèsent de tout leur poids. On l'avait déjà vu en 2008 lors de la précédente crise ; on le voit à la tête du G20 ; on l'a vu l'autre soir à Bruxelles. Ses opposants ont tort de se laisser aveugler par leur opposition viscérale et inconditionnelle : Sarkozy révèle tout son talent en temps de crise et les Français le sentent bien. Ils lui en sont d'ailleurs reconnaissants, rassurés, quels que soient par ailleurs les reproches qu'ils continuent de lui faire.

 

France - Allemagne SARKOZY-MERKEL.jpg

 

A n'en plus finir, les médias ont glosé ces jours-ci pour savoir qui, de la France ou de l'Allemagne, avait fait plier l'autre. Dit autrement, les journalistes se sont passionnés pour savoir si Merkel avait circonvenu Sarkozy ou l'inverse. Comme si cette question-là avait du sens ou même la moindre importance...

 

Hier soir, N. Sarkozy a, me semble-t-il, ramené ces questions à leur juste proportion, nous rappelant qu'au-delà de ces questions mineures, l'attelage franco-allemand est stratégique pour nous-même et pour l'Europe toute entière.

 

Rappelant aussi, même si c'est douloureux à entendre, que nos voisins allemands ont su faire, avant nous, les efforts qui s'imposaient. Comment, dans ces conditions-là, la France pourrait-elle dicter sa loi à ses partenaires ?

 

Pas en campagne ?

 

Nicolas Sarkozy a raison : il n'est pas en campagne !

 

Je ne suis pas dupe, bien sûr, de ses intentions et cet homme-là, qui n'aime pas perdre (qui aime ça, d'ailleurs ?) sera un redoutable adversaire pour F. Hollande. Mais ce n'était pas principalement le candidat qui s'exprimait hier soir, mais bien le Président en action, revoyant les perspectives de croissance pour 2012, confirmant sans faiblesse la doctrine de réduction des dépenses publiques (1 fonctionnaire sur 2 non remplacé, poursuite de la réforme de l'Etat), réaffirmant la nécessité d'une relance de l'économie par les investissements d'avenir. Rien de tout cela n'est un discours électoraliste !

 

Même si, on le comprend, ce visage sera aussi celui du futur candidat, c'est bien le Président qui a parlé hier soir, et avec un certaine force...

 

Rassemblement dès le 1er tour derrière Sarkozy ?

 

Est-ce que mes commentaires justifieraient de me rallier dès le 1er tour à la candidature Sarkozy ? Bien de mes amis me le disent depuis plusieurs semaines et vont le me redire, j'en suis sûr, dans les jours qui viennent.

Mais je reste convaincu qu'ils ont tort : même re-présidentialisé, même crédité d'avoir tenu la maison face à la crise, même renforcé par son expérience de la scène internationale, même revenu à des comportements personnels plus conformes à l'idée que les Français s'en font, je ne crois pas que Nicolas Sarkozy puisse emporter seul la prochaine élection présidentielle.

 

Par-delà les sondages moutonniers, l'absence d'adhésion populaire à cet homme me semble aujourd'hui trop forte pour permettre la victoire d'un homme seul ; il faudra à Nicolas Sarkozy prouver sa capacité de rassemblement. Cela passera, j'en ai la conviction, par des ralliements au second tour, faute de quoi nous aurons F. Hollande comme Président.

 

Et pour celà, il aura besoin de cette candidature centriste pour laquelle je continue de militer.

 

Publié dans on en parle partout

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