Un centriste à Agen

Publié le par Bernard LUSSET

C'est (parfois) dur d'être centriste... ! Souvenez-vous : en 2002, création de l'UMP avec le départ de nombreux militants du centre (dont JFP en Lot-et-Garonne), sincèrement désireux d'union pour en finir avec les rivalités d'appareils. Puis vient la présidentielle de 2007, et son second tour avec explosion en plein vol de l'UDF, écartelée entre pro et anti-Bayrou, entre les tenants d'un centre droit clair dans sa stratégie d'alliance et les partisans de l'indépendantisme.

Avoir ainsi vu ses troupes deux fois divisées par deux et être encore vivants en 2011 tient un peu du prodige !

 

Hervé Morin fait partie de ceux qui ont permis à ce prodige de se produire. Et même si je ne suis pas un grand "Morinophile", je lui suis très reconnaissant d'avoir, face aux moqueries et à l'indifférence, repris le flambeau du centre-droit et d'avoir ainsi fait naître le Nouveau Centre.

 

C'est dire si j'étais heureux de le voir à Agen hier, dans le cadre du tour de France qu'il s'impose lui-même. Pourtant, ses dernières interventions médiatiques m'avaient un peu chagriné : j'avais le sentiment qu'après avoir été 4 ans Ministre, il prenait avec la majorité présidentielle des distances qui me faisaient furieusement penser qu'il "crachait dans la soupe" et je n'aimais pas ça : c'est donc avec beaucoup d'attention que je suis allé le rencontrer hier à Agen.

 

J'ai aimé la clarté de son propos : centristes dans la majorité présidentielle, nous ne renions ni ce que nous sommes, ni la part prise à l'action réformatrice engagée depuis 2007 par Nicolas Sarkozy. Cette loyauté n'exclue pas une certaine lucidité sur des méthodes ou des manières d'être qui, chez nous comme chez beaucoup de Français, nous ont déplu chez Nicolas Sarkozy. En clair, j'ai retrouvé chez Hervé Morin ce "fidèle, mais limorin-borloo.jpgbre" qui est le leitmotiv de Jean Dionis.

 

J'ai aimé aussi la clarté de sa position sur le candidat centriste à la prochaine élection présidentielle : Borloo ou lui ? Les deux sont candidats, mais un seul le sera, au final et avec le soutien de l'autre. Ca change des querelles d'écuries du PS...

 

Clarté aussi sur le positionnement face aux risques d'un "21 avril à l'envers" : franchement, serait-il concevable de ne laisser comme alternative aux électeurs déçus du sarkozisme qu'un vote Le Pen ou Hulot ? Une candidature centriste a toute sa légitimité et d'ailleurs, le mode de scrutin à deux tours est fait pour ça.

Quant à savoir si une telle candidature fragilise Sarkozy, c'est prendre le problème à l'envers : si le président sortant n'est pas capable de rassembler sur son nom, dès le 1er tour, suffisament de voix pour le placer parmi les deux premiers, alors ça veut dire qu'il n'a aucune chance d'être réélu. On ne peut pas à la fois brocarder les centristes en disant qu'ils ne pèsent rien et, dans le même temps, chercher à mettre entre leurs seules mains le sort de la présidentielle 2012...

 

Ajoutez à tout ça une vraie réflexion sur les questions économiques et sociales, une modestie non feinte et assumée, une vision profondément centrée sur l'homme, sur l'éducation, sur la réduction des déficits publics : j'ai trouvé hier Hervé Morin plus séduisant politiquement que je ne m'y attendais.

 

A suivre donc...y compris sur le site d'Hervé Morin (ici)

Publié dans on en parle partout

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