Villeneuve sur Lot : le PS vote FN

Publié le par Bernard LUSSET

 

 

4 raisons de se réjouir

 

L'élection de Jean-Louis Costes comme député de Villeneuve-sur-lot est une heureuse nouvelle à plus d'un titre :

  • D'abord parce qu'elle promeut un élu local, ancré et connu de ses électeurs, après les affres d'un Cahuzac venu d'on-ne-sait-où et dont on découvre, après coup, que les apparences brillantes masquaient une réalité qui l'était moins.
  • Cette victoire est aussi un nouveau signal -le 8ème consécutif- de l'incompréhension des Français à l'égard de la politique du gouvernement Hollande : espérons qu'elle incitera le PS à prendre, enfin, les décisions économiques et sociales qui s'imposent et qu'attendent les Français.
  • De surcroît, l'élection de Jean-Louis Costes marque le début d'un rééquilibrage des forces politiques : avec lui, il y a désormais 3 députés d'opposition en Aquitaine (sur un total de 28 !). On est encore loin du compte mais la route est tracée.
  • Enfin, Jean-Louis Costes incarne une UMP authentiquement attachée à l'union UMP-UDI, dans une formation où cette question mérite parfois clarification locale.

Quatre excellentes raisons, donc, de se réjouir du résultat de dimanche soir.

 

 

La fin du "front républicain" ?

 

Lorsque le candidat FN rassemble au second tour 7 000 électeurs de plus qu'au premier, alors que les électeurs UMP-UDI ont, naturellement, voté pour leur candidat J.-L. Costes, cet apport de voix nouvelles ne peut venir, pour l'essentiel, que d'une perméabilité forte entre l'électorat de gauche et les candidats FN. Cette porosité a failli amener un député FN de plus à l'Assemblée.

 

Ce dimanche a ainsi montré avec force que l'UDI et l'UMP sont bien les seuls adversaires véritables du Front national dont le fonds de commerce est d'entretenir la peur de l'avenir, la haine des autres et les illusions démagogiques auprès des plus inquiets d'entre nous. La gauche n'est manifestement pas en capacité de s'opposer à ce mouvement : voilà qui donne à l'UDI et l'UMP une responsabilité supplémentaire dans la construction d'une alternative crédible, capable de répondre aux inquiétudes des Français.

 

 

Pierre Camani, mauvais perdant

 

Je connais la tristesse des soirées électorales perdues : on y est généralement habité par un sentiment d'injustice et d'amertume. Mais la règle du jeu est connue d'avance : ce sont les électeurs qui ont le dernier mot. L'acceptation de cette règle commune ne souffre pas d'exception. Si on ne l'accepte pas, qu'on fasse autre chose...

 

Pierre Camani, manifestement, rejette cette règle républicaine, à en juger par sa réaction après l'élection de Jean-Louis Costes. Je le cite : "Jean-Louis Costes n'est pas le plus républicain, le plus éthique et n'était pas le meilleur candidat(...)"

 

Pas républicain Jean-Louis Costes ? Pas éthique Jean-Louis Costes ? Que veut dire au juste Pierre Camani ? Et qui est-il au juste pour de tels jugements de valeur ?

 

Pas le meilleur candidat, Jean-Louis Costes ? En tout cas bien meilleur que le candidat PS éliminé dès le premier tour ! N'en déplaise au sénateur-président du Conseil général PS, ce sont bien les électeurs qui décident de qui est le meilleur candidat. Ce sont eux qui choisissent, par leur vote, et dimanche, une majorité claire a choisi Jean-Louis Costes comme député. Avec 53,7 % de voix obtenues, Jean-Louis Costes fait notamment mieux que François Hollande en 2012 (51,6 %) et que Pierre Camani lui-même en 2011 (51,5 %).

 

Mauvais perdant, Pierre Camani ? 

 

 

 

Publié dans on en parle à Agen

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