Rythmes scolaires : Peillon rate l'occasion

Publié le par Bernard LUSSET

Ce que j'aime le moins chez les socialistes, ce ne sont pas leurs idées : j'en partage même beaucoup ! C'est leur obsession égalitaire : au nom de l'indivisibilité de la République, ils ne veulent voir qu'une seule tête, tout le monde devant être soumis aux mêmes règles partout. Illusion parfaitement dogmatique et déshumanisante de la société où il suffirait d'interdire les différences pour qu'elles disparaissent...

Pour les rythmes scolaires, c'est pareil : le gouvernement revient sur la semaine de 4 jours, ce qui n'est pas, en soi, une mauvaise idée. Le même veut favoriser la pratique de nouvelles activités en complément de la journée d'école : ce n'est pas idiot. Mais à la mode socialiste, ça donne une usine à gaz incroyable et incroyablement couteuse, et comme toujours, payée par les autres (ici, les communes) !

Devant la levée de bouclier que cet unanimisme borné fait naître, l'Assemblée aurait pu, ce matin, débloquer la situation en adoptant la proposition de loi de Xavier Bertrand qui suggérait de laisser aux communes -les payeurs- le libre choix. Dans les villes où élus, enseignants et parents se mettaient d'accord, on aurait pu mettre en oeuvre la réforme. Là où ça coince, on aurait pu poursuivre le dialogue ou encore, comme nous l'avons fait à Agen, mener des expériences dans certaines écoles.

Rythmes scolaires : Peillon rate l'occasion

Insupportable perspective pour V. Peillon, l'intransigeant Ministre de l'Education nationale qui n'y a vu qu'une inacceptable rupture d'égalité de traitement républicain ! Comme si ce qui se passe dans le XVIème arrondissement de Paris avait quelque chose à voir avec l'école de Montanou ou l'école communale de Moirax... Le même avait déjà tenté d'intimider les Maires en accusant les plus récalcitrants de "délinquants civiques". Sauf que les Maires savent, depuis leur dernier Congrès, que la réforme ayant été édictée par un décret et non une loi, ils n'ont aucune obligation légale de financer les activités périscolaires !

La suite est donc connue : à vouloir, par idéologie bornée, imposer le plus sottement du monde une réforme d'inspiration pourtant juste et assez largement partagée, ce gouvernement va se planter et susciter chez les élus les mieux inspirés une véritable fronde. Mais il faudra attendre que Peillon soit exfiltré au parlement européen en mai, pour que son successeur, la queue basse, entende enfin élus, enseignants et parents. Bel exemple d'efficacité...

Publié dans on en parle partout

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