AUX PARLEMENTAIRES DU SUD OUEST

Publié le par Bernard LUSSET

Je publie ci-dessous le texte du courrier que je viens d'adresser à l'ensemble des députés et sénateurs de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine.

BL

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Agen, le 18 juillet 2014


Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, Madame la Députée, Monsieur le Député des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées,

Avec l’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale du projet de redécoupage des régions, suivra, dès la semaine prochaine le nouvel examen de ce texte par le Sénat puis par l’Assemblée nationale qui aura le dernier mot.

Le Président de la République aurait pu afficher sa volonté de réduction du nombre des régions, fixer quelques principes directeurs à ce découpage, inviter les régions et les départements à organiser le débat public local durant une période fixée à l’avance, pour, au bout de cette période, constater les consensus locaux trouvés et les blocages et assumer son rôle de Président pour trancher et faire voter sa majorité au Parlement.

En lieu et place de cette méthode qui aurait fait consensus, le Président de la République y est allé de sa proposition de carte, dont chacun sait qu’elle a été négociée jusqu’à la dernière minute entre barons en cours. Du coup, cette annonce a abouti à un projet aveuglément technocratique et à une frustration légitime des élus de terrain, préparant la suppression de la carte par le Sénat. Quant à l’Assemblée, à aucun moment, la discussion n’a été réellement ouverte sur des projets alternatifs de découpage.

Je plaide depuis le début de cette affaire pour que soit étudiée la fusion Aquitaine/Midi-Pyrénées. Je dis bien "étudiée" parce que je ne prétends pas avoir la vérité révélée. D'ailleurs, je n’ai jamais sous-estimé les difficultés d'un tel scénario mais j’ai toujours pensé que les vertus d'une telle fusion dépassaient et de loin les quelques difficultés qu'il faudrait surmonter.

Mais, de débat local, il n’y en a eu aucun, pas plus en Aquitaine qu’ailleurs. Cette absence de débat a généré une formidable frustration chez tous ceux qui, de droite comme de gauche, pensait qu'il y avait dans cette réforme matière à construire un ensemble régional porteur de sens et de développement pour les habitants du Sud Ouest.

Mais ce non-débat voulu, sciemment construit, a abouti à bien pire : un OVNI territorial sans âme ni projet, sans cohérence ni identité, fruit d'un découpage techno parisien. Un machin.

Il reste encore au Sénat puis à l’Assemblée, il vous reste, à relire cette carte. Je ne suis pas très optimiste sur les capacités réformatrices d'un parlement convoqué à siéger nuitamment entre le 14 juillet et le 15 août... Mais seules les batailles qu'on ne mène pas conduisent à coup sûr à l’échec.

Voilà pourquoi, trêve estivale ou pas, je vous invite, députés et sénateurs du Sud Ouest, Aquitaine et Midi-Pyrénées, de droite comme de gauche, à un sursaut contre la collusion des certitudes technocratiques et des petits arrangements entre amis.

Je vous invite à bien prendre la mesure de votre responsabilité individuelle : sans votre mobilisation personnelle et collective, nous vivrons, et nos enfants après nous, sous l'empire d'une région sans âme ni projet, sans avenir. Et nous passerons, sous la seule pression des conformismes, à côté d'une formidable opportunité au sein d'une grande région Sud Ouest.

Tous nos espoirs sont entre vos mains.

Respectueusement,

BL

AUX PARLEMENTAIRES DU SUD OUEST

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papito 25/07/2014 15:22

Pourquoi ne pas demander le rattachement du Lot et Garonne , des Landes, et des Pyrenees-Atlantique a Midi-Pyrenees ? Nous sommes du Midi, nous sommes Gascons ou Basques, plus proches de l Espagne que du Poitou. Notre culture est occitane, avec ses fleuves et ses Pyrenees. A part la vigne, qu est-ce qui nous rapproche de Bordeaux ? Laissons la capitale girondine se rapprocher du nord, et formons enfin une vraie région Sud-Ouest.

Aquitain 27/07/2014 12:09

@Papito :

Vous méconnaissez le département de la Gironde. C'est pour moitié une exacte continuation des Landes, pour l'autre de l'Agenais en Entre-Deux-Mers. Le département le plus vaste n'est pas réductible à sa seule grande ville.

Que Bordeaux ait développé une culture distincte, même politique (Boboland), c'est exact, d'où l'intérêt de la formule des métropoles, qui prend en compte la réalité du monde métropolitain. Bordeaux est plus proche de Paris que de Captieux en somme.

Nicolas Laurent 21/07/2014 14:37

Et Agen dans tout ca...?

Aquitain 20/07/2014 01:26

Le texte de Savary sur son Facebook est révoltant :

"La grande Région d'Aquitaine a été votée cette nuit ! C'est le résultat d'un intense travail tactique de l'assemblée Nationale, avec le girondin Florent Boudié en première ligne, alors que le Gouvernement n'y était pas favorable, par effet de domino du refus breton de tout appariement ! Il y a peu de chances que le Sénat revienne sur ce vote, quoiqu'il ait réussi l'exploit en première lecture de se dessaisir complétement du texte au terme de pitoyables manœuvres politiques... En réalité cette grande Région qui associe Poitou Charentes, Limousin et Aquitaine, ne posait pas de problème cornélien, si ce n'est pour le Béarn incontestablement très attaché à Toulouse.
Mais Picto-charentais comme Limousins souhaitaient nous rejoindre sans contester à Bordeaux son leadership ! Moi qui suis né en Limousin, ai passé une partie de ma jeunesse à Saintes, pour élire domicile en Gironde, j'ai le sentiment d'être un citoyen d'avant garde de cette grande Aquitaine. Mais au-delà de cette considération anecdotique, et toute personnelle, une fusion avec midi Pyrénées et Languedoc Roussillon, qui n'a jamais soulevé l'enthousiasme dans ces deux régions, aurait été infiniment plus problématique au plan politique. Nous aurions donné à Juppé, l'occasion d'une campagne très populaire contre le dessaisissement de Bordeaux du rôle de capitale régionale, au profit de Toulouse qui aurait été géographiquement incontestable ! Au final, Bordeaux, qui n'est pas une ville du Midi, est confirmée dans sa vocation multiséculaire de capitale atlantique, et y retrouve une vaste et prometteuse zone d'influence. La désignation de la future capitale régionale, dans d'autres grandes Régions, sera infiniment plus compliquée !"

Aquitain 20/07/2014 00:55

Les leçons de géographie humaine d'un parachuté politique, qui a fait toute sa carrière au sein de la particratie PS aquitaine :

http://www.aqui.fr/politiques/une-grande-region-du-midi-ou-de-l-atlantique,10603.html

L'argument publicitaire "atlantique" est d'autant plus idiot que la façade maritime du 17 est minuscule, plus petite que la distance du Verdon à Arcachon ... et que la façade en question, faite d'îles et de rades est proche parente de celle de la Vendée dont elle reste durablement séparée.

La région constituée est éminemment une région de l'intérieur des terres (le Limousin et le Poitou, hein !), dans les seuls intérêts métropolitains de Bordeaux et de sa classe politique terrifiée par Toulouse pour des raisons obscures qui ne sont pas sans lien avec de la psychologie bas-de-gamme. La moindre des choses est de l'admettre, et de ne pas chercher à justifier l'assemblage hétéroclite par de la comm'.

Le combat à mener est bel et bien celui de l'exfiltration des métropoles : Bordeaux doit prendre son indépendance institutionnelle, être extirpée du département de la Gironde sur les frontières de la CUB, aux fins de reconnaître son caractère de capitale multi-régionale, pourvoyeuse de services très spécifiques (université, santé de pointe, Culture du monde, ...) à des populations à des centaines de kilomètres à la ronde reliées à la grande ville par les autoroutes, les LGV, ... La formule institutionnelle des métropoles me semble la meilleure.

Pour le reste, le fait que Savary soit incapable de comprendre les raisons profondes de la fronde des élus PS landais - il n'y voit qu'une guéguerre faite à Juppé et une bataille emmanuellienne contre Hollande - montre bien, outre le déni qu'il peut exister des combats qui ne sont pas que la traduction de rapports de force internes à un parti, l'incapacité chronique d'une certaine classe politique à comprendre le sentiment d'appartenance à un territoire. On peut avoir un DEA d'analyse régionale et urbaine comme il en est fait état sur la notice Wikipédia de Monsieur Savary et ne rien comprendre aux dynamiques culturelles locales. Ou pire, les nier car elles ne vont pas dans le sens de "l'analyse régionale et urbaine".