Et si Yacouba Sawadogo montrait le chemin ?

Publié le par Bernard LUSSET

Et si Yacouba Sawadogo montrait le chemin ?

Connaissez-vous le zaï ? Je l'ai découvert il y a quelques mois et j'ai envie de partager avec vous cette info empreinte d'optimisme. Le Zaï (aussi appelé Tassa au Niger) est une technique agricole ancestrale qui pourrait bien contribuer à préserver et même développer l'agriculture dans le Sahel et proposer aux populations rurales de la région de demeurer sur leurs terres et d'en tirer un revenu décent.

Dans cette région d'Afrique, l'eau est source de toutes les difficultés : il n'en tombe pas une goutte pendant 8 à 9 mois de l'année et durant la saison des pluies, il en tombe tellement et tellement fort que l'eau ravine les sols durs et nus et causent des inondations ravageuses. Il faut donc mieux stocker l'eau pour que les plantes s'en nourrissent ensuite : c'est ce que permet le zaï.

Cela consiste à creuser tous les 80 cm un trou, y déposer des matières organiques séchées et réduites à l'état de poudre (déchets végétaux, compost, cendres, fumier), de refermer le trou avec la terre et de disposer en aval la terre excédentaire pour réduire le ruissellement lors des pluies. Cette cuvette ainsi ameublie et enrichie attire naturellement les termites qui s'y installent et y creusent des galeries. Lesquelles permettent ensuite à la pluie de pénétrer profondément les sols et d'y créer des poches d'humidité à l'abri d'une évaporation rapide. Selon les cultures, le zaï permet de multiplier les rendements agricoles par 3 ou 4, sans porter aucunement atteinte à l'environnement.

Cette technique ancestrale a, par exemple, été suivie par un vieux paysan burkinabé, Yacouba Sawadogo, de manière extraordinaire : il est ainsi parvenu tout seul -mais en 40 années d'efforts- à replanter 30 hectares de forêt près de Ouahigouya, aux confins du Mali. On pourra lire son histoire dans l'article ci-dessous. Pas d'investissements massifs, pas de recours à une chimie destructrice. Simplement le retour à des techniques ancestrales éprouvées et durables.

Et si Yacouba Sawadogo montrait le chemin ?

Publié dans on en parle en Afrique

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Griffond Corinne 19/01/2018 17:31

J'ai vu un reportage sur ce monsieur et son action au Burkina Faso sur Arte c'était très intéressant.