La victoire passe par le centre

Publié le par Bernard LUSSET

Ce n'est pas parce que Marine Le Pen a réussi un joli "coup" électoral dimancher dernier en se hissant à la 3ème place, qu'il faut se laisser abuser sur les enjeux réels du second tour. La victoire se jouera au centre parce que c'est au centre que se trouvent les solutions aux questions posées. Explications :

 

Plus de candidats de la protestation au second tour

 

Disparus Mélenchon et Le Pen : c'est entre Sarkozy et Hollande que va se jouer le second tour. Faut-il pour autant oublier la protestation que représentent les quelques 30 % de votants rassemblés sur ces deux candidats ? Non. Mais il faut, pour les convaincre, sortir des incantations idéologiques et démagogues des deux "sortis" et apporter aux questions posées les vraies réponses qu'elles méritent. Et là, il faut, au contraire, s'éloigner des propositions respectives des deux candidats "anti-système".

 

Ces votes, qui ont navigués étrangement entre ces deux candidats, traduisent une exaspération, un sentiment d'injustice, une attente insatisfaite, une peur du lendemain qui méritent mieux que les solutions proposées : la sortie de l'euro ? La remise en service des frontières nationales ? La stigmatisation des différences ? Le repli sur soi et l'isolement de la France ? Et, de l'autre côté, la taxation tous azimuts de tout ce qui travaille et gagne un peu d'argent ? La régularisation totale des sans papiers ? Les re-nationalisations à outrance ? Le retour à la retraite à 60 ans non financée ? etc...

 

Il ne suffit pas de pousser un coup de gueule pour résoudre les problèmes ! Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu'au coeur des enjeux, il y a d'abord l'Europe et, au sein de l'Europe, le poids de la France dans les décisions à prendre. Sur ce thème de la construction européenne, ce sont les centristes, qu'ils soient au Nouveau centre, au Modem ou à l'UMP, qui proposent les solutions les plus efficaces, les plus durables, les plus utiles : c'est de ça dont il faut parler dans les 15 jours qui viennent !

 

Bayrou : l'échec d'une stratégie mais pas d'un programme

 

J'ai voté pour Nicolas Sarkozy au premier tour et je vais refaire la même chose le 6 mai avec conviction.

Ce vote ne m'empêche pas d'avoir suivi avec attention le parcours de François Bayrou. Il lui est arrivé ce qui était prévisible : comme en 2007, il s'est heurté, violemment, au mur de la bipolarisation. 24 heures à peine après le 1er tour déjà, ses troupes se divisent et regagnent leurs familles d'origine, se partageant entre les deux candidats en lice. Fini le rêve de l'union nationale...

 

Quelle pitié qu'un homme aussi intelligent n'ait pas voulu entendre ce que tant de gens lui disent depuis si longtemps et notamment depuis 2007 ! Dans notre système politique, sans stratégie d'alliance claire, il n'y a aucune chance de voir ses idées triompher. Inutile de s'entêter dans une stratégie condamnée à l'échec : 2012, après 2007... Combien d'erreurs encore ?

 

Mais cette erreur de stratégie ne condamne pas pour autant le programme des centristes :

 

Qui ne voit que, plus que jamais, les Français aspirent à une société apaisée, où chacun, d'où qu'il vienne, trouve sa place, pourvu qu'il repecte les règles communes ?

Qui ne voit que face à la mondialisation, il faut, dans le respect des règles internationales, préserver notre outil de production nationale et, pour cela, faire participer les importations au financement de notre protection sociale ?

Qui ne voit que, dans la compétition internationale, nous devons redonner au travail une place centrale, quand tant de démagogues laissent croire qu'il suffirait de travailler moins et mieux le répartir pour réduire le chômage ?

Qui ne voit que le rétablissement des finances publiques et l'amoindrissement de notre dette sont des exigences, non pas européennes, mais vitales pour l'avenir de nos enfants, bien plus que les promesses d'embauches publiques de Hollande ?

Qui ne voit que notre démocratie a besoin d'une moralisation et d'une meilleure représentation des forces politiques, y compris -oui- des partis que je combats, comme le Front National ?

 

Toutes ces priorités, rappelées ces derniers mois par tous les centristes, quel qu'ait été leur candidat de premier tour, toutes ces priorités appellent au rassemblement le plus large, parce que ce sont ces questions que les votes de protestation du premier tour ont mis en lumière et que c'est à elles qu'il faut répondre désormais.

 

C'est donc bien sur les valeurs du centre que doit s'opérer le rassemblement du second tour, comme le rappelait opportunément dès hier Jean-Pierre Raffarin dans l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. C'est vers Sarkozy que doivent se porter les suffrages des électeurs du centre, pour éviter à notre pays une coalition improbable et incohérente, rouge-rose-verte, qui tournerait le dos à toutes ces valeurs auxquelles les centristes sont si attachés.

 

Voilà pourquoi, le vote en faveur de Nicolas Sarkozy le 6 mai, ne sera pas un vote de renoncement de la part des centristes : ce sera, au contraire, un vote d'engagement aux côtés de la future majorité pour peser davantage dans les décisions à venir au sein d'une alliance claire.

 

Je souhaite que la campagne du Président sortant invite à ce rassemblement et que cet appel soit entendu.

 

Publié dans on en parle partout

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