Des voeux pour 2013 ? Un seul...

Publié le par Bernard LUSSET

Au moment où nos boites aux lettres postales mais aussi mails, SMS, Twitter, Facebook, vont regorger d'aimables voeux dont je remercie par avance et collectivement tous les auteurs, j'ai relu la chronique que je publiais ici même il y a un an à l'occasion des voeux : j'y formais le souhait, notamment, que Jean Dionis soit réélu député et que François Hollande reste en Corrèze : ça calme...! Du coup, quelque peu douché par cette confrontation entre voeux et réalité, j'ai repensé aux propos tenus juste avant Noël par Valéry Giscard d'Estaing : nous serions un peuple "individualiste et extrêmement tourné vers l'intérêt personnel". Selon lui, les "Français ne peuvent pas se gouverner", mais "quand ils sont bien gouvernés, ils suivent". Ca aussi, ça calme...! Ultime pique, 32 ans après un échec jamais vraiment accepté, ou bien libéré de toute pression électorale, VGE nous assène-t-il une leçon amère mais méritée ? N'est-ce pas la parole la plus clairvoyante, à défaut d'être la plus prometteuse, qu'il nous ait été donné d'entendre depuis longtemps ?

 

Individualistes, nous le sommes assurément. Nous ne souscrivons plus à l'intérêt général qu'à condition qu'il ne vienne pas briser nos habitudes ou nos avantages. Du plus petit projet local au plus grand projet de réforme, d'un changement de sens de circulation au projet de LGV ou de réforme des retraites, nous ne mesurons plus les choses qu'à l'aune de notre balcon personnel. Travailler un ou deux ans de plus ? Seuls ceux qui passent entre les gouttes l'admettent. Faire 200 mètres de détour en voiture ? Scandale ! Mon enfant sanctionné à l'école ? Injustice ! Modifier mes habitudes ? Inacceptable !  Accepter qu'une autorité vienne brider ma liberté ? Impensable ! 

 

Serions-nous devenus incapables d'indignation devant l'injustice, de don de soi, d'écoute, d'esprit d'entraide ? Serait-il inconcevable de nous priver, librement, d'un peu de ce que nous sommes et de ce que  nous avons, pour améliorer le sort commun ? J'entends d'ici le bal des faux-culs : "Non, bien sûr, mais à condition que l'effort soit justement réparti !" Et ça recommence : qu'est-ce qui est juste et qu'est-ce qui ne l'est pas ? Et qui le décide ? On est bien partis...!

 

fraternite.jpgAlors, au moment de basculer dans l'année 2013 dont on nous promet qu'elle sera pire en tous points que l'année qui s'achève (il parait même que Ségolène Royal va -enfin !- entrer au Gouvernement...) osons ici un voeu, rien qu'un : celui de faire mentir Giscard et montrer en 2013 que, de temps en temps, au plan individuel et collectif, au local comme au national, nous sommes capables de surmonter nos égoïsmes immédiats.

 

Bref, de faire vivre la plus injustement méprisée des valeurs de notre devise nationale, dont je parle à chaque célébration de mariage : la fraternité, c'est-à-dire ce sentiment particulier qui fait que nous n'existons pleinement qu'au milieu des autres et avec eux. Concrètement, cela pourrait vouloir dire, en 2013, être capables de faire aboutir les négociations entre partenaires sociaux, mettre enfin en place le gouvernement politique de la zone euro, relancer vraiment notre politique du logement et, pour reprendre la formule de Jacques Attali, donner davantage de pouvoir aux jeunes générations dans un pays largement dominé par les anciens.

 

Bonne année fraternelle !

 

 

Publié dans on en parle partout

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