le fantôme des Illustres frappe "je viens d'Agen" !
Chaque séance du Conseil municipal réserve son lot de surprises, de débats enflammés là où on ne les attendait pas, comme si les Illustres qui veillent sur notre Conseil décidaient malignement, à chaque séance, d'envoyer un de leurs fantômes mettre son grain de sel dans nos débats.
Hier soir, dans un ordre du jour plutôt léger, le fantôme des Illustres a fait monter notre opposition au créneau contre... la chanson "je viens d'Agen". Explication...
Qui n'a vu le buzz autour de la chanson (voir le clip ici) de l'instituteur de Laplume ? En quelques semaines, plus de 400 000
vues sur internet, un vrai succès au Stade Armandie, sur le Boulevard de la République, etc... Cette chanson a spontanément rencontré son public à Agen mais aussi partout où se trouvent des
Agenais, en France et à l'étranger. Chanson sans prétention bien sûr, simple ritournelle, mais vrai phénomène identitaire qui a touché toutes les générations : nous avons tous chanté cette
chanson.
Le Conseil municipal était sollicité lundi soir pour participer (très modestement) au financement d'un clip qui permettra de donner une vie durable à ce succès d'un été.
Pour Agen, c'est une occasion d'un vrai "marketing territorial" comme l'a dit à juste titre ma collègue Clémence Robert. Franchement, nul ne pouvait imaginer que ce soutien ponctuel ferait l'objet de débats. C'était sans compter sur le fantôme des Illustres...
Première montée au créneau de l'opposition : la chanson est nulle et les comparaisons avec quelques grands auteurs sont arrivées : Nougaro, Cabrel, Brassens, Renaud. Comparaisons d'autant plus ridicules que nul ne prétend à ça, ni l'auteur ni la Ville, mais pourtant, le succès populaire est bien là. On n'aurait d'ailleurs aucun mal à trouver dans le répertoire des chansons populaires des textes d'une bien plus grande pauvreté que celle-là. Mais le succès est là, c'est le public qui en décide et vive la vie ! Le "P'tit Quiquin" est-il un modèle d'intelligence, de recherche et de talents littéraires ou musicaux ? Non ! Mais tout le monde connait cette chanson qui participe du folklore chti.
Deuxième montée au créneau de l'opposition : la chanson "je viens d'Agen" serait une présentation malencontreuse, voire une incitation inadmissible, à la fraude aux congés maladie ! Et notre (toute nouvelle) collègue de l'opposition, Joëlle Ferrer, de s'expliquer en lisant cette phrase "coupable" à ses yeux :
Il est un coin de France où le bonheur fleuri
Ça sent presque les vacances, au moins le congé maladie
Tout en reconnaissant qu'elle n'avait pas écouté la chanson (sic !), notre collègue s'est insurgée contre cette phrase au motif qu'elle tournerait en ridicule les salariés malades, la protection sociale, l'image de rigueur des salariés du Sud Ouest, etc... Coup de froid sur les Illustres ! Et démonstration, dans les règles de l'art, que lorsqu'on est dans l'opposition, il faut... s'opposer sur tout, coûte que coûte, ne serait-ce que pour exister...
DE-SES-PE-RANT !
Sentant monter le ridicule de la situation, certains collègues de l'opposition ont, in extremis, opéré un savant rétro-pédalage en s'abstenant (*) sur ce vote. Trop tard : le mal est fait : la (petite) histoire retiendra que "je viens d'Agen" compte 400 000 followers sur internet... et une poignée de pisse-vinaigres au conseil municipal !
(*) détail de votes de l'opposition :
CONTRE : MM. Mazière, Bédouret, Mmes Alonzo et Ferrer
ABSTENTION : MM. Garay, Veyret et Mme Pitous
POUR : MM. Matéos et Fine (ainsi que tous les élus de la majorité)